Un quatrième album des Vulgaires Machins après quatre ans d’attente. Et ça démarre en trombe avec « Anéantir le dogme » et « Compter les corps » qui reposent sur des structures parfaites, particulièrement la seconde avec sa montée d’une puissance tranquille vers le dernier refrain. Côté textes, Guillaume Beauregard est dans une forme resplendissante et s’attaque avec verve à la bêtise humaine, à la société, le conformisme, le nivellement par le bas des médias de masse ou la situation au tiers monde. Des thèmes parfois sombres qui sont toutefois couchés sur des mélodies solidement exécutées, preuve que les coups de pic sont à la hauteur des coups de gueule. Il ne faut pas se fier au premier simple « Puits sans fond » pour juger de la tendance de l’album. Ce brûlot baveux sur un quotidien montréalais affiche une pop-punk à la Millencolin qui en fait la pièce le plus facilement diffusable du disque. Le reste de l’album, bien que sensiblement plus pop que les efforts précédents du groupe de Granby, se tisse sur des textures qui ne sont pas sans rappeler Bad Religion (« La télé me regarde » et « Légaliser l’héroïne »), les Breeders (Les superbes « Dommage collatéral », « Jamais assez » et « Dans le vide ») ainsi que les Pixies (« Soleil »). Réalisé de brillante façon par Gus Van Go, « Compter les corps » est sans l’ombre d’un doute l’effort le plus solide du groupe à ce jour et assurément le meilleur disque à être passé dans mon lecteur cette année. Un must.
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