L'art d'influencer

5 octobre 2012 par Benoit Gagnon

Soft Power

Lors d’une moyenne cuite à la vodka, Fiodor Dostoïevski s’exclama « L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux. » Quelques minutes plus tard, il ajouta fort probablement un « j’taime en maudit toé » à un de ses compagnons de brosse.

Pendant son lendemain de veille, son discours alla probablement comme suit : si les cachets sauvent ma tête, « L’art sauvera le monde ». Pas fou le vieux Fiodor. En tout cas, chose certaine, si l’art ne sauve pas le monde, ça aura toujours bien donné un valeureux coup de main à Montréal.

Disons-le franchement, ça pue à Montréal. Scandales successifs, révélations d’éthique douteuse de la part des élus, contrats publics gonflés, suspension de nombreux contrats pour éviter des irrégularités, etc. Le montréalais lambda qui lit son journal le matin doit être passablement sur le point de se dire que regarder une partie d’échecs au ralenti doit être pas mal moins dépressif.

Heureusement, il y a de belles choses à Montréal, notamment du côté des arts. Dans la catégorie des vecteurs importants d’activités artistiques, Montréal peut notamment compter sur de nombreux studios de jeux vidéo. La ville bénéficie en effet de la présence de productions ayant des impacts mondiaux. Pensons à des jeux comme Deus Ex: Human Revolution, Assassin’s Creed, Spiderman, Splinter Cell , Army of Two ou Mass Effect. Sans compter la floppée de développeurs indépendants qui poussent et qui commencent à transformer le visage de l’industrie à coup d’innovations diverses.

Bref, une maudite chance que Montréal peut bénéficier de ces studios, car non seulement il s’agit de moteurs économiques importants, mais en plus ils sont des générateurs de culture et de créativité. Cela est loin d’être anodin.

Le politologue américain Joseph S. Nye Jr. a écrit plusieurs ouvrages sur la puissance de ce qu’il considérait comme étant le « Soft Power ». Le « Hard Power » correspond essentiellement à la puissance économique brute et la puissance militaire. Le Soft Power de son côté correspond à la puissance des idées et de l’influence – la capacité de convaincre quelqu’un peut être encore plus forte que la capacité de lui casser la margoulette. La puissance du Soft Power émane entre autres par la portée du travail des artistes; leurs œuvres modulent le monde et la façon dont on le perçoit. Hollywood en est la meilleure preuve.

Aussi bien dire que Montréal  bénéficie de plus en plus d’un pouvoir d’influence, et ce, en bonne partie grâce au travail des studios de jeu vidéo. Puisque je suis montréalais d’origine, je tiens à le dire à tous les artistes du monde du jeux vidéo : merci à vous pour votre influence et de fournir du Soft Power à Montréal.

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