Après des tournées trépidantes avec Kaïn, Steve Veilleux se permet une introspection. Incapable de se croiser les bras entre deux albums, le principal auteur-compositeur du groupe quitte ses zones de confort. Déjà vieux routier d'expérience au début de la trentaine, il en profite pour aller ailleurs plutôt que nulle part, pour sortir des sentiers battus, avec un album en solo qui frôle ses souvenirs les plus intimes.
Car d'innombrables souvenirs teintent déjà sa vie. Le jeune musicien et chanteur a traversé un parcours fulgurant, haletant, sans pause ni répit au cours d'une courte, mais faste, carrière de musicien qui se poursuit à une vitesse mirobolante. Dès sa tendre enfance, il baigne dans une effervescence de musique. Son père jouait de presque tous les instruments qui se trouvaient au magasin près de chez lui, à Drummondville. Piano, accordéon, violon, guitare: son oreille se forge rapidement aux sonorités des mélodies.
Vers 12 ans survient le choc, l'impulsion qui l'incitera à saisir un instrument à son tour. Le vidéoclip Smells Like Teen Spirit de Nirvana le bouscule et le renverse. Quelques mois plus tard, il s'applique sur sa première guitare. Il enchaîne les premiers groupes à l'école secondaire, des groupes au rock ravageur, fortement influencés par Pearl Jam, Sonic Youth, Stone Temple Pilots et autres dérivés grunge de la vague de Seattle. En parallèle, il écrit secrètement ses premières chansons et découvre la puissance des mots d'ici à travers Zébulon et Richard Desjardins.
Puis, il se donne le droit de composer en français en formant le groupe Grossier Personnage, un projet qui confirme sa passion. Déambulant dans le foisonnant milieu musical de Drummondville, Steve Veilleux rencontre une multitude de musiciens et multiplie les spectacles dans les pubs. Dans cette période, il commence à travailler avec le batteur Yannick Blanchette avec qui il fonde Kaïn. De petite victoire en petite victoire, des pratiques dans une chambre à fournaise à des répétitions dans le sous-sol miteux d'un bar, le groupe s'entête, exécute des prestations partout où on lui donne la chance et compose un premier opus, Pop Culture. Conçu de A à Z par le groupe, l'album est lancé par les Disques Passeport en 2004.
Tout s'emballe par la suite. Les gros festivals, la tournée, la popularité. Il lâche son travail pour se consacrer à la musique. Des années difficiles de sacrifices, puisqu'il vient tout juste de devenir père. Une cohésion se développe tout de même au sein de Kaïn qui, seulement 15 mois plus tard, persiste et signe l'album Nulle part ailleurs, un disque que le propulse au sommet. Le groupe reçoit le Félix du groupe de l'année au gala de l'ADISQ en 2006. Alors que les musiciens avaient tenu pour acquis qu'ils survivraient de la musique, soudainement ils en vivent.
À la fin d'une tournée qui s'étend sur près de deux ans, le groupe entre immédiatement en studio. Steve Veilleux, productif hyperactif inlassable, a déjà composé de nouvelles chansons. Cherchant une couleur et un élan rock n' roll qui leur permettraient de mieux regagner la scène, les membres du groupe réalisent eux-mêmes l'album Les saisons s'tassent, convaincus qu'ils sont les seuls à savoir comment transférer l'énergie de la tournée en studio.
En parallèle, Steve Veilleux compose et arrange les pièces d'une chanteuse dont la voix l'a séduit. L'album À l'envers de Marie-Luce Béland découle de cette collaboration.
À travers ce tourbillon incessant d'activités, Steve Veilleux continue, sans arrêt, à composer. Il n'écrit pas toujours les chansons dans le but de les enregistrer. Il en écrit aussi pour lui, pour se faire du bien. Ces chansons, à son avis, ne cadrent pas avec le mandat festif et rassembleur de Kaïn qui vise à accrocher des sourires. Près de 25 chansons sont mises de côté. Des chansons qui abordent des sujets personnels, qui visitent des coins plus sombres, qui réveillent des fantômes. Des chansons qu'il a laissées mûrir sans les déposer sur une tablette. La fin d'une tournée de Kaïn lui semble le moment parfait pour les soulever à bras-le-corps. Une exploration qui prend la forme d'un voyage dans son passé, mais aussi dans des avenues musicales qui lui sont inconnues. Un virage. Un tournant. Il se défait de ses oeillères, brise son moule et expérimente l'instant d'un disque. Il sort de son corps et de son esprit Les souvenirs qui ne meurent jamais, qu'il écoute dans un soupir de soulagement.
Source: Site officiel
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