Ceux qui ont suivi la scène hip hop underground nord-américaine de la fin des années 90 sont familiers avec le nom Sixtoo pour l’avoir entendu sur de nombreux albums et pour l’avoir vu partager la scène avec des artistes de renom. Toutes ces collaborations ont contribué à forger le style du rappeur.
Ce n’est cependant qu’au début de 2000, juste avant de quitter Halifax, que les choses ne s’enclenchent réellement. Il lance alors « Duration », un album qui, pour la première fois, le voit s’éloigner du micro pour se concentrer uniquement sur l’échantillonneur. Le résultat est sacré classique du hip hop instrumental et la carrière de Sixtoo prend son envol.
Il s’installe à Montréal et s’entend avec l’étiquette britannique Vertical Form Records. Cette association produit l’album « Antogonist Survival Kit », un disque sombre sur lequel il alterne entre le microphone et l’échantillonneur. Il s’agit d’une production typique de Sixtoo, mais on peut présumer que son déménagement dans le nord de Montréal commence à porter des fruits et à modifier sa sonorité. Amon Tobin a vécu le même phénomène en s’installant à Montréal.
Au tournant de 2003, le rappeur a su attirer l’attention du bureau montréalais de l’étiquette britannique Ninja Tune qui lui propose un contrat. Il se trouve alors à un point tournant de sa carrière. Alors que ses efforts précédents atteignent une certaine forme de notoriété, on sent qu’il est capable de plus. Quand est donc venu le temps d’enregistrer « Chewing On Glass & Other Miracle Cures », il opte pour un tout nouveau style. Non content de travailler à partir d’échantillons, il entreprend de s’approvisionner auprès de musiciens pour obtenir les sonorités qu’il recherche. On peut donc entendre des membres de Godspeed You Black Emperor ou The Hanged Up de même que Sixtoo lui-même. Il crée ainsi un assemblage versant dans le rock psychédélique et le jazz.
Outils: