Comme bien des jeunes nés dans l’Allemagne d’après-guerre, Klaus Meine et Rudolf Schenker sont influencés par la musique amenée chez-eux par les militaires américains dont Elvis Presley et surtout, le rock ‘n’ roll. En 1965, Schenker lance the Scorpions à Hanovre. S’ajoutent ensuite le jeune frère de Rudolf, Michael, de même que Klaus.
En 1972, le groupe lance un premier album intitulé « Lonesome Crow » sur lequel on reconnaît déjà ce qu’il est convenu d’appeler le son Scorpions : un hard-rock sans compromis avec l’accent sur les guitares et la voix caractéristique de Klaus Meine.
Dès lors, le groupe se démarque de la scène locale allemande en ce qu’il vise immédiatement à l’extérieur des frontières nationales. Le groupe se retrouve rapidement en tournée avec les plus grands dont Rory Gallagher, Uriah Hepp et UFO. En 1973, au terme de la tournée avec UFO, Michael décide de quitter Scorpions pour se joindre au groupe britannique. Il est alors remplacé par Ulrich Roth.
En 1974, le groupe lance un second album, « Fly to the Rainbow » qui est suivi de « In Trance » l’année suivante. C’est à ce moment que le groupe entreprend une longue collaboration avec le réputé réalisateur Dieter Dierks. Le groupe passe une partie de l’année en tournée, ce qui lui vaut le titre de meilleur groupe en concert d’Allemagne.
Le groupe réalise finalement un grand rêve lorsque son quatrième opus, « Virgin Killer » paru en 1976, décroche le titre d’album de l’année en Allemagne. Pendant ce temps, le disque leur vaut une première certification Or qui leur est décernée au Japon. L’album suivant, « Taken by Force » paru en 1977, est aussi certifié Or au Japon où le groupe se gagne de nouveaux fans tous les jours.
C’est d’ailleurs après une tournée japonaise que Ulrich Roth décide de quitter les rangs de Scorpions. Son héritage sera l’album double « Tokyo Tapes » paru en 1978 qui est désormais un item de collection. Michael Schenker le remplace brièvement jusqu’à ce que Matthias Jabs joigne le groupe pour l’album « Lovedrive » qui est alors en production. Paru en 1979, le disque devient le plus grand succès du groupe depuis sa formation. Avec Jabs à la guitare, Scorpions va chercher la profondeur nécessaire pour devenir le grand groupe dont ils rêvent depuis les débuts.
Après avoir eu du succès au Pays du soleil levant, les gars de Scorpions veulent s’attaquer aux États-Unis et ils sont déterminés à réussir. De plus, le groupe s’est acquis de nombreux fans sur le marché américains au fil des années, des groupes comme Van Halen y allant même de reprises de pièces de Scorpions.
« Lovedrive » est lancé aux USA en 1979 et est couronné d’un disque d’Or. En 1981, au cours de sessions d’enregistrement pour l’album « Blackout », Klaus Meine perd la voix et, ne voulant pas empêcher le groupe de progresser, décide de quitter la formation. Toutefois, ses collègues se rangent derrière lui et attendent qu’il retrouve la santé. Après une longue rééducation vocale et deux opérations aux cordes vocales, Meine est de retour en selle avec un registre amélioré.
En 1982, « Blackout » atteint le top 10 du Billboard en plus d’être certifié Platine. « Love at First Sting » arrive en 1984. Le groupe vit alors la vie de rock star avec des autobus, des jets privés et des vols en première classe. L’album inclut certains des plus grands succès du groupe à ce jour dont « Rock You Like a Hurricane » et « Still Loving You ». Le magazine Rolling Stone n’hésite pas à qualifier le groupe de « héros du hard rock » et à le classer parmi les 30 plus grands groupes de rock. Par la suite, the Scorpions se produisent sur les plus grandes scènes devant 325 000 personnes lors d’un festival à San Bernardino Valley en 1983 et au Rock in Rio devant plus de 350 000 personnes. Le résultat de ces nombreuses tournées peut-être entendu sur l’album double « World Wide Live » paru en 1985.
En 1988, le groupe est sur le point de tourner un page importante de son histoire puisque l’album « Savage Amusement » est le dernier réalisé par Dieter Dierks. Le disque atteint le troisième échelon du Billboard et est premier en Europe.
En guise de prélude à la tournée Savage amusement en 1988, le groupe franchit le rideau de fer pour se produire en Union soviétique. Plus de 350 000 fans les voient lors de dix spectacles présentés à guichets fermés à Leningrad. Un an plus tard, impressionnées par le succès de Scorpions, les autorités russes permettent la présentation du Moscow Music Peace Festival auquel participent de nombreux groupes rock dont Scorpions. Pas moins de 260 000 spectateurs s’y donnent rendez-vous. Cette expression de la musique en toute liberté qui n’aurait pas été imaginable en URSS il n’y a pas bien longtemps inspire la chanson « Wind of Change » à Klaus Meine. Le pressentiment de Meine est confirmé par un événement plus près de lui, soit la chute du mur de Berlin en novembre 1989. La chanson est par la suite devenue l’hymne du changement du communisme vers le capitalisme.
Le groupe table sur la popularité de la pièce pour lancer l’album « Crazy World » en 1990 qui devient le meilleur vendeur du groupe à ce jour. De fait, « Wind of Change » est la pièce la plus diffusée à la radio en 1991, occupant le numéro Un dans onze pays. En 1993, à la fin de la tournée pour « Crazy World », le bassiste Francis Buchholz qui était de la formation depuis les années 70 annonce son départ. Le groupe le remplace par Ralph Rieckermann pour l’album « Face the Heat » paru en 1993.
En 1994, Scorpions reçoit le World Music Awards du meilleur groupe allemand. De plus, le groupe vit un grand moment alors que sur l’invitation de la famille d’Elvis Presley, il est appelé à interpréter « His Latest Flame » lors du concert à la mémoire du Roi du rock ‘n’ roll à Memphis en 1994. Au cours de la même année, le groupe s’engage à aider l’ONU dans son effort pour aider les réfugiés victimes de la guerre civile qui sévit au Rwanda. Le groupe lance le simple « White Dove » dont l’objectif est d’amasser des fonds pour les réfugiés.
À la fin de 1995, tout juste avant de terminer l’enregistrement de l’album « Pure Instinct », le batteur Herman Rarebell décide qu’il en a assez et quitte la formation. The Scorpions font alors appel à James Kottak qu’ils avaient connu lors d’une tournée avec son groupe précédent, Kingdom Come. Kottak devient alors le premier Américain à jouer avec le groupe allemand.
Le groupe récidive avec la régularité d’une horloge suisse. L’album « Eye II Eye » paraît en 1999. Le groupe en profite pour affirmer sa nouvelle image en ne montrant que les trois membres fondateurs toujours au sein du groupe sur la pochette de l’album. Le groupe se permet également, et pour la première fois, de chanter une chanson en allemand.
The Scorpions décident d’aborder le nouveau millénaire avec un projet de taille, une collaboration avec l’Orchestre philharmonique de Berlin qui se trame depuis 1995. Après la parution de « Eye II Eye », le groupe se consacre entièrement à ce projet prévu pour l’Exposition internationale d’Hanovre, en 2000. Entre temps, sur l’invitation du gouvernement allemand, le groupe se produit sous la porte de Brandebourg à Berlin pour souligner le dixième anniversaire de la réunification de l’Allemagne. Pour l’occasion, le groupe est entouré de 166 violonistes.
C’est finalement en juin 2000 que le disque « Moment of Glory » est lancé. En 2001, le groupe propose « Acoustica » et revient en 2002 avec « Undisputed Attitude ».
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