Que ce soit en solo ou avec Vilain Pingouin, Rudy Caya se pointe invariablement le bout du nez après deux ou trois ans. Cette fois-ci, il revient appuyer les gars de St-Catherines, et surtout le chanteur Hugo Mudie qui signe la réalisation de Le taureau, un disque mordant où le rockeur redécouvre ses racines punk que se traduisent par des rythmes galopants et des textes crus et lucides. Certes, Caya ne peut jamais complètement exorciser Vilain Pingouin puisqu’il en est l’incarnation même, mais la présence de Mudie donne un tonus qui faisait défaut à son œuvre jusque-là. Mudie apporte également une foule de collaborateurs, dont Thomas Augistin (Malajube), Marie-Ève Roy (Vulgaires Machins) et Paul Cargnelo (qui signe deux titres). Caya dénonce sur l’excellente Guantanamo Bay, mais jette aussi un regard empreint d’autodérision sur sa carrière quand il interprète la pièce-titre. Il se permet même un hommage au héros de bande dessinée Michel Vaillant (La légende) et une vive critique des Loft Story et Occupation Double de ce monde (Réali-TV). Aux airs rock très présents se greffent quelques morceaux teintés de reggae et une jolie ballade empreinte de sincérité (Chu pas parfait) qui, mis ensemble, forment un tout franchement complet. Un second souffle pour Caya qui ne peut que nous réjouir.
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