Quand Nickleback voit le jour, dans la petite ville de Hanna sise à 215 kilomètres au nord-est de Calgary, on ne s’attend pas à les voir devenir aussi gros, surtout qu’à l’époque, le groupe ne fait que des reprises. Ils se lassent finalement de jouer les pièces des autres et le chanteur et guitariste Chad Kroeger décide de composer des textes originaux, il emprunte 4000$ à son beau-père et se rend à Vancouver pour les endisquer au studio d’un ami.
Les résultats sont probants et son bassiste de frère Mike de même que le guitariste Ryan Peake s’installent à leur tour à Vancouver en 1996. La même année, le groupe enregistre le EP Hesher et l’album Curb de façon indépendant pour ensuite entreprendre une tournée pan-canadienne. Chad ayant passé les deux années précédentes à vendre de l’espace publicitaire dans un magazine consacré au soccer, il utilise ses atouts pour faire la promotion de son groupe. Il demande ainsi à ses amis d’envoyer des télécopies et d’appeler les stations de radio afin de demander leur tout premier simple jusqu’à ce que la pièce obtienne suffisamment de temps d’antenne pour permettre à Nickelback d’avoir ses propres fans.
À la fin de 1998, le groupe juge son gérant incapable de faire une mise en marché adéquate et décide de prendre ses affaires en main. Mike s’occupe de la distribution alors que Vikedal s’occupe des états financiers. De plus, Nickleback investit pas moins de 30 000$ dans un nouvel album intitulé The State qui est lancé de façon indépendante en janvier 2000. Le groupe profite d’un creux de vague dans le monde rock et de quotas de contenu canadien imposés aux radios d’ici pour percer un peu plus. C’est ainsi que le simple Leader of Men commence à tourner abondamment aux quatre coins du pays.
Le groupe saute sur l’occasion et part en tournée, se produisant à plus de 200 reprises et se gagnant ainsi un public considérable. La sonorité post-grunge du groupe ne passe pas inaperçu et lui permet de décrocher un contrat avec Roadrunner/Island Def Jam aux États-Unis de même qu’avec EMI en sol canadien. L’album s’écoule à plus de 500 000 exemplaires.
Plusieurs des chansons qui se retrouvent sur l’album suivant, Silver Side Up, sont écrites avant même la sortie de The State aux USA, c’est donc dire qu’elles sont rodées depuis belle lurette. De plus, Chad opte pour une optique différente lors de la composition, choisissant un style plus direct et délaissant son style imagé et vague des efforts précédents. Ainsi, la pièce parle de son père absent quand lui et son frères Mike étaient enfants. Never Again traite des foyers brisés par le divorce.
Pour l’enregistrement de ce troisième opus, Nickelback retient les services du réalisateur Rick Parashar qui a notamment travaillé avec Pearl Jam et Temple of the Dog. Le groupe décide aussi d’enregistrer au même studio de Vancouver où The State a été enregistré. Nickleback ne met que cinq semaines à coucher les pièces de Silver Side Up qui est mixé par Randy Staub (Metallica et U2). La combinaison de Parashar, de Staub, la popularité grandissante du groupe et la qualité de ses chansons fait en sorte que Silver Side Up grimpe en flèche au chapitre des ventes et ce, partout à travers le monde. Le simple How You Remind Me est d’ailleurs la pièce la plus souvent diffusée aux États-Unis au cours de l’année 2001.
Nickelback accomplit un exploit puisque ce n’est que la seconde fois de l’histoire qu’un groupe canadien occupe à la fois le sommet des palmarès américain et canadien. Seuls les Guess Who peuvent en dire autant avec American Woman. L’album s’écoule à plus de neuf millions d’exemplaires dans le monde en plus de valoir de nombreux prix à la formation.
Reconnaissant de ce succès, Kroeger donne une chance au groupe vancouvérois Default pour qui il produit un premier album. On le voit aussi collaborer avec Josey Scott, chanteur de Saliva, sur la pièce Hero extraite de la bande originale du film Spider-Man.
Au cours de l’été 2002, la popularité aidant, l’album Curb est relancé. À l’automne 2003, Nickelback est de retour avec un quatrième effort intitulé The Long Road.
En février 2005, Ryan Vikedal quitte le groupe et est rapidement remplacé par Daniel Adair, ancien batteur de 3 Doors Down. Peu de temps après, le groupe s’enferme dans le studio de Kroeger pour travailler sur un nouvel album. La formation fait notamment appel à Billy Gibbons de ZZ Top et Dimebag Darrell de Pantera, qui sera malheureusement assassiné sur scène avant la sortie du disque. Ces collaborations se retrouvent sur All the Right Reasons qui paraît en octobre 2005. Le disque est le plus populaire du groupe, demeurant dans le Top 30 de Billboard pendant plus de deux ans et s’écoulant à plus de sept millions d’exemplaires aux États-Unis. Cinq simples extraits du disque atteignent le Top 20.
Un tel succès pique la curiosité du réalisateur canadien Mutt Lange, qui a connu énormément de succès en travaillant sur les albums de son ex-femme, Shania Twain. Le groupe se rend au domicile de Lange, en Suisse, afin de partager des idées qui impressionnent le réalisateur et le convainc de prendre les commandes du prochain disque du groupe. Ensemble, ils vont produire Dark Horse qui paraît en novembre 2008.
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