Après avoir vu les rappeurs américains être consacrés et les rappeurs français ouvrir les portes du hip hop à la francophonie, Imposs, J. Kyll, Dramatik et LD-One décident de se lancer dans l’aventure Muzion afin de mettre un peu de lumière sur une scène montréalaise qui en a bien besoin. La formation issue du quartier St-Michel frappe une première fois en 1999 avec « Mentalité Moune Morne » qui prend tout le monde par surprise. Non seulement l’album est accueilli favorablement par la critique, mais le public embarque aussi.
« Mentalité Moune Morne » se veut un savoureux assemblage lyrique et musical, qui est ni plus ni moins que le reflet des trois premières années du groupe. Ce disque atteste d'un regard alerte et d'un esprit averti, exprimés par un flow incisif sur des beats inspirés.
Aux côtés des Rainmen et autre Sans Pression, Muzion transcende les ghettos. Le grand public découvre en Muzion des activistes cryptiques qui maîtrisent habilement le sens du design textuel. Fins observateurs, les membres du groupe savent dresser un portrait fidèle de la société québécoise telle qu’ils la voient.
Si Muzion est efficace sur disque, c’est sur scène que la formation est à son meilleure et c’est ainsi que les membres du Muzion mangent littéralement du bitume sur les routes du Québec.
Le groupe parcourt donc inlassablement les écoles en quête de rencontres, d'improvisations verbales ou de prestations impromptues. Cette attitude anti star-system séduit une jeunesse en mal d'idéal qui adhère à l'état d'urgence avec lequel Muzion opère. Une urgence qui les incite à franchir les frontières.
Après avoir séduit le Québec, le groupe change de cap et s'oriente vers l'Europe. La division rap de Warner France repère Muzion lors d'un concert explosif aux Francofolies de Montréal et lui offre immédiatement son passeport pour l'hexagone. L'importation de « Mentalité Moune Morne » en sol français ne passe pas inaperçue. À l'automne 2000, le groupe participe à une tournée en France qui se termine dans l'apothéose du Zénith de Paris. La prestance de Muzion est aussi reconnue par ses pairs puisque le groupe reçoit le prix de l'artiste hip-hop franco de l'année 2000 à l'occasion des Mimi's. Quelques mois plus tard, l'industrie du disque n'est pas en reste en lui attribuant le Félix de l'album hip-hop de l'année au Gala de l'ADISQ.
Après un certain temps loin des projecteurs, Muzion refait surface à l’automne 2002 avec un second album intitulé « J’révolutionne ». Ce nouvel album transpire la maturité et la singularité du groupe. Le disque est tapissé de collaborations qui visent à promouvoir certains activistes montréalais histoire de ne pas rester bien loin des racines de Muzion qui se démarque par un penchant pour la contestation. Ainsi, il n’est pas étonnant d’y retrouver une chanson qui aborde le Sommet des Amériques tenu à Québec au printemps 2002.
De plus, Muzion pousse son exploration sonore un peu plus loin sur « J’rêvolutionne » en métissant son rap de tempos reggae, de guitares rock et parfois d'envolées pop. Le groupe se mérite également une nouvelle nomination lors du gala des Mimi’s 2003.
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