Mat Joly - voix
Christian « Criq » Brais - guitares
Frank Williamson - guitares
Dominic Viola - basse
Pierre-Marc Hamelin - batterie
Au moment où l’effervescence de la scène musicale de Montréal commençait à faire du bruit aux quatre coins de la planète, cinq jeunes musiciens montréalais ont fait quelque chose d’impensable : ils ont déménagé à Toronto. Certes, ce geste va à l’encontre du sens commun, mais il faut dire que Mobile a toujours été hors du commun. Tandis que la plupart des autres formations rongent leur frein et deviennent aveuglées par leurs fantasmes de gloire sur scène, les membres de Mobile ont d’abord passé trois longues années dans leur studio isolé de Montréal à répéter patiemment, sans crever leur cocon collectif avant d’être certains d’avoir complété leur métamorphose.
Comme le dit Mat, le chanteur : « On a souvent été déçus par les prestations de certains artistes locaux qui n’étaient pas prêts à donner un vrai spectacle. Nous, on voulait que Mobile soit considéré comme un groupe génial et solide. On n’était pas aussi doués pour la composition qu’on l’est maintenant, mais on était assidus. À force de répéter quatre fois par semaine pendant trois ans, on finit par se perfectionner. » Trois années dans un milieu où on détermine en trois minutes si ça passe ou ça casse… On devine la suite : le groupe ne s’est pas contenté de percer, il a carrément explosé.
Avant leur réclusion volontaire, Mat et compagnie, tous de bons copains ou des amis d’enfance, jouaient ensemble depuis plus de 15 ans au sein d’un collectif dont les multiples incarnations ne se sont jamais trop éloignées du noyau original. Ils ont réussi à réunir en un tout hermétique et dangereusement efficace un bagage musical commun et un flair créateur cultivé avec soin. C’est ce caractère électrique et cette puissante décharge musicale qui ont permis à Mobile de donner des spectacles à guichets fermés chaque fois qu’il s’est produit dans les salles populaires de Montréal.
« La scène, ça a toujours été notre force, explique Mat, et c’est ce qui a fait notre réputation. Dès nos débuts, les gens disaient que c’était évident qu’on était des amis de longue date et qu’il y avait une complicité entre nous. » Bien sûr, il y a aussi les chansons.
Un groupe ne se produit pas dans des salles d’envergure remplies à craquer (uniquement grâce au bouche à oreille) s’il ne se donne pas à fond dans sa musique, chose qu’on n’a jamais pu reprocher à Mobile. Ses prestations sont de véritables exemples d’émotion mise à nue, de dynamisme visuel interprétés à l’unisson et elles constituent un cadre solide servant à soutenir ses compositions. Si le rock est la raison d’être du quintette, l’innovation et l’invention sans borne sont ses principes directeurs.
« Criq et moi, on a grandi ensemble, raconte Mat. C’est lui qui m’a montré comment jouer de la guitare. Ça s’est fait naturellement quand on a commencé à collaborer parce qu’on a toujours eu les mêmes goûts musicaux et aussi parce que nos façons de jouer se ressemblaient d’une certaine façon. On n’a jamais étudié la musique, mais on a toujours eu des aptitudes pour ce domaine-là. Alors, c’était très facile pour nous de composer. »
Les cinq auteurs-compositeurs-interprètes vouent une adoration presque maladive à tout ce qui touche à la musique. Ils ont pour la composition l’amour des poètes et cela se reflète dans leur passion pour les formations telles que Primal Scream, The Cure, Stone Roses, The Police et même Pink Floyd; cette passion, combinée à une capacité de manier l’équipement et les gadgets électroniques comme des ingénieurs, les a spécialement préparés à s’exposer au jugement des auditeurs. Et bien que Mobile se prête à d’innombrables comparaisons, il défie carrément toute catégorisation; ses membres ont étudié l’histoire de la musique et plutôt que de la réécrire, ils ont pour but d’apprendre et d’évoluer.
Selon Dominic, le bassiste : « C’est une coïncidence si on s’apparente aux artistes inspirés des années 80 qui sont populaires à l’heure actuelle, comme The Killers, Hot Hot Heat, Franz Ferdinand, etc. Mais on ne copie personne. Notre groupe est différent parce qu’il est un peu plus rock, un peu plus pop et un peu plus moderne. »
Autrement dit, les musiciens de Mobile sont prêts à prendre les risques qui font partie du métier. C’est ce qui les a poussés à quitter leur Montréal natal au moment précis où, selon toute logique, ils auraient dû se battre dans les tranchées aux côtés d’autres groupes indie qui tentent de bénéficier de la faveur internationale dont jouit actuellement la scène montréalaise, ou comme il arrive plus fréquemment, de se la couler douce en surfant dans le sillage des autres. Mais ça n’est pas leur style.
Au lieu de suivre le troupeau, ils ont écouté leur cœur et ils ont mis le cap sur Toronto. « Avant de partir pour Toronto, confie Pierre-Marc le batteur, le groupe avait atteint un seuil critique. On a conclu qu’on ne pouvait pas continuer à évoluer en restant à Montréal. Un beau jour, durant une répétition, Criq a dit : Peut-être que c’est le temps de déménager.’ On s’est regardés et on a tout de suite répondu oui. C’était une décision logique parce qu’on voulait tenter notre chance une fois pour toutes, au lieu de finir par être frustrés et abandonner sans avoir vraiment essayé ou avoir pris de risques. »
Les cinq francophones se sont installés dans un petit appartement qui leur servait de studio. Encore une fois, ils se sont consacrés à la tâche à temps plein, parfois même pendant des journées entières, avec une seule idée en tête : faire en sorte que quelqu’un remarque leurs compositions extraordinaires et leurs prestations prêtes à éclore. Évidemment, Mobile n’est pas passé inaperçu. « La première fois qu’on a joué à Toronto, il devait y avoir environ 20 personnes dans la salle, raconte Dominic. Mais on a tout de suite impressionné le public. Les gens n’en revenaient pas! Ils n’avaient jamais entendu parler de nous, mais ils trouvaient qu’on donnait des prestations d’enfer et qu’on avait une énergie incroyable. Puis trois mois plus tard, on a donné un spectacle au Horseshoe (Tavern) devant 250 personnes, un lundi soir. »
Après avoir passé un peu moins d’un an à se consacrer corps et âme à la scène, Mobile a séduit non seulement ses pairs anglophones, mais il a aussi décroché un contrat de disques chez Interscope/Universal, ce qui est une première pour une formation basée au Québec.
C’est ainsi qu’est né son premier enregistrement au sein d’une grande maison de disques : un album époustouflant qui est judicieusement intitulé Tomorrow Starts Today (Demain commence aujourd’hui). Il inclut un premier simple enflammé, Montreal Calling, une chanson effrénée aux accents rétro. Le tout a été enregistré avec l’aide de Matt DeMatteo, le réputé réalisateur canadien (Big Wreck, Danko Jones, Ashley MacIsaac).
Et Montréal l’appelait, en effet... Mobile a d’abord effectué une brève mission en Grande-Bretagne où Tomorrow Starts Today a eu droit aux talents magiques du mixeur de réputation internationale, Mark « Spike » Stent (Madonna, Massive Attack, Sting). Puis il a répondu à l’appel pour retourner dans la ville qui inspire ses compositions, après s’être acquitté d’une tournée européenne, de plusieurs spectacles de présentation et de nombreuses prestations dans des festivals. Le groupe fait parler de lui, et en bien…
« On a quelque chose d’unique, conclut Mat. C’est peut-être le fait d’être cinq francophones de Montréal qui ont de l’énergie, de la passion et de l’assurance. Et je pense que les gens sont curieux de voir ce que ça donne. »
En direct de Montréal, voici Mobile : du rock qui déménage pour un monde moderne.
Après le succès remporté par Tomorrow Starts Today, le groupe retourne en studio, à nouveau accompagné de Matt DeMatteo pour en ressortir, quelques mois plus tard, avec Tales From the City qui paraît en octobre 2008.
Source : Universal music
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