Écouter « À la figure », c’est un peu comme avoir des nouvelles d’un vieux chum dont on n’avait pas beaucoup entendu parler depuis trois ans. Trois ans c’est le nombre d’années qui se sont écoulées depuis la sortie de « À l’avenir » et c’est un peu comme si le temps ne s’était jamais arrêté. « À la figure » reprend là où son prédécesseur s’était arrêté. Sur ce troisième opus en solo, Déry est arrivé à sa pleine maturité musicale et nous propose des orchestrations et arrangements riches et touffus accentués de violon, de timbale et de piano. La force de Déry réside dans sa capacité à nous raconter la vie simplement. Ce passage de « Avec un peu de chance », qui traite des loteries vidéo, saura nous en convaincre : « Savais-tu que ça rentre une maison, une famille, un camion/dans une fente de métal, dans une craque bin normale ». La pièce-titre se veut une belle chanson d’amour et dans la même veine, la plus lounge « Le raisin (t’es vraiment cute) » touche aussi la cible. Entouré de son collaborateur de toujours, Alain Quirion, et d’autres amis fort compétents (dont Carl Bastien), Déry nous propose une incursion dans son monde et on serait bien fous de refuser l’invitation. À ne pas rater aussi la dernière pièce de l’album, « Hiver 87 », dont le texte est signé par Daniel Bélanger.
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