Macy Gray a su profiter du tournant du millénaire pour amener une voix unique et un sens indéniable du style dans un R&B qui en avait bien besoin et qui a su charmer un auditoire de tous les spectres de la société à la recherche d’une saine alternative au soul populaire.
Gray, Natalie McIntyre de son vrai nom, voit le jour à Canton, dans l’Ohio, en 1970. Alors qu’elle est jeune, elle est gênée et maladroite et se fait régulièrement taquiner en raison de sa voix peur orthodoxe. Elle étudie le piano pendant sept ans tout en s’imprégnant des classiques du soul comme Stevie Wonder, Marvin Gaye et Aretha Franklin. Elle s’intéresse également au hip hop old school et, alors qu’elle est au pensionnat, elle est exposée au rock ‘n’ roll.
Prête pour l’université, elle s’installe à Los Angeles pour étudier en scénarisation à l’Université de la Californie du Sud (USC). C’est à ce moment qu’elle accepte d’écrire des textes pour un ami musicien. Son ami enregistre une maquette et comme la chanteuse qui devait l’accompagner ne se présente pas en studio, Gray (qui utilise le nom d’une de ses voisines de Canton comme nom d’artiste) la remplace malgré le fait qu’elle n’aime pas du tout sa voix.
L’une des chansons reste telle quelle et quand les rubans commencent à faire le tour des cercles musicaux, sa voix râpeuse attire rapidement l’attention, à sa grande surprise. On lui offre ensuite de chanter des standards jazz dans un groupe qui se produit sur diverses scènes dans la région de Los Angeles. De plus, ses apparitions récurrentes comme chanteuse de studio créent un intérêt certain autour de cette diva en devenir.
Gray décide de mettre sur pied un club qui prend la relève des bars qu’elle appelle We Ours et s’installe dans un café où elle se produit avec son groupe jazz en plus de laisser libre cours à l’improvisation. Elle se fait offrir un contrat par Atlantic Records qui refuse cependant de lancer l’album qu’elle enregistre. Complètement ravagée par cet échec et celui de son mariage (elle attend son troisième enfant à ce moment-là), elle décide de rentrer à Canton. Ses maquettes continuent néanmoins de circuler et elle décide donc de retourner à Los Angeles où elle accepte finalement un contrat d’édition avec Zomba Records. Cette décision l’aide à obtenir un contrat de disques avec Epic Records qu’elle signe en avril 1998. Elle passe l’année qui suit à enregistrer son premier album, « On How Life Is ».
Lancé au cours de l’été 1999, « On How Life Is » lui vaut un concert d’éloges de la part des critiques et malgré tout, le disque met du temps à s’imposer. Tout change au début de 2000 quand elle obtient deux nominations aux Grammys (Révélation de l’année et Artiste féminine R&B) et que le simple « I Try » prend les ondes radio d’assaut. « I Try » devient un énorme hit et « On How Life Is » commence à s’envoler comme des petits pains chauds, se hissant dans le top 10 du Billboard et s’écoulant à plus de trois millions d’exemplaires avant la fin de 2000.
Gray ne gagne peut-être pas de Grammy lors de sa première présence au gala, mais elle se reprend drôlement en 2001 en remportant le trophée de Chanteuse pop de l’année pour « I Try », la chanson est également en lice pour le titre d’Enregistrement de l’année et de Chanson de l’année, mais doit s’incliner.
La popularité de la chanteuse étant à son sommet, elle est sollicitée pour collaborer à de nombreux projets et travaille en compagnie de Fatboy Slim et The Black Eyed Peas en plus de faire ses premiers pas au cinéma dans le film « Training Day » qui met en vedette Denzel Washington.
Avant même qu’elle ne commence l’enregistrement de son second effort, Gray compte sur une réputation selon laquelle elle se comporte étrangement en entrevue et en public. Cette perception est confortée en août 2001 quand elle se fait huer pour s’être accrochée dans les paroles de l’hymne national américain.
Le mois suivant, elle lance « The Id » qui mise sur son côté excentrique. Le disque entre directement au onzième échelon du palmarès et est rapidement certifié Or grâce au premier extrait, « Sweet Baby ». Toutefois, malgré des collaborations avec Erykah Badu et John Frusciante des Red Hot Chili Peppers, elle ne peut répéter le succès de « On How Life Is » et ne vend que 593 000 albums. En 2002, elle fait une apparition dans son propre rôle dans le blockbuster « Spider-Man » en plus de participer à l’album « Shaman » de Carlos Santana.
Elle est de retour au printemps 2003 avec un troisième album intitulé « The Trouble With Being Myself » qui remporte encore une fois un succès mitigé, ne s'écoulant même pas à 120 000 unités.
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