Originaire de Freeport à Long Island dans l’état de New York, Louis « Butch » Firbank adopte le nom de scène de Lou Reed. Grand fan de rock et de R&B, il commence à jouer dans divers groupes rock alors qu’il est à l’école secondaire. Il enregistre également un disque doo wop avec la formation nommée The Shades. Reed prend ensuite le chemin de l’Université de Syracuse, dans le nord de l’état, où il fait la rencontre du poète Delmore Schwatz qu’il cite comme inspiration à devenir auteur et pour son style prosaïque simple. Au cours de son séjour universitaire, il développe un intérêt pour le free jazz et la musique expérimentale. Il avouera plus tard son désir d’écrire une grande nouvelle en forme musicale.
Reed s’installe à New York et commence à agir comme parolier pour le compte de Pickwick Records. C’est à cette époque qu’il fonde Velvet Underground au sein duquel il est chanteur, guitariste et compositeur. Bien que le groupe vive divers problèmes internes et qu’il ne soit pas commercialement viable, sa réputation de groupe underground profondément influent est encore bien intacte à ce jour.
En 1972, il se lance en solo et propose l’album « Transformer » dont la réalisation est signée David Bowie. Il offre ensuite « Berlin » qui raconte une histoire d’amour entre deux junkies de Berlin. Le disque est considéré comme l’un des plus tristes à avoir été fait.
Les sujets choisis par Reed sont bien en avant de leur temps. La musique pop mettra un temps fou à rejoindre son niveau grâce à l’éclosion du mouvement punk à la fin des années 70. Mais encore, les pièces de Reed demeurent uniques car il choisit volontairement des sujets évités par les autres paroliers. Il décide aussi de suivre l’œuvre d’auteurs comme Alan Ginsberg et Jean Genet. Sa personnalité est elle aussi avant-gardiste alors qu’il adopte le cuir et le look sado-maso au beau milieu des années peace and love.
En 1975, il lance « Metal Machine Music », un disque double rempli de guitare tordue. Certains perçoivent cette décision comme une tentative de se sortir de son contrat d’enregistrement. Pour d’autres, il s’agit de pur génie. Bien que la pochette inclut une liste d’instruments bidon, Reed assure qu’il s’agit d’un enregistrement sérieux. Ses albums de la fin des années 70 sont tièdement accueillis par la critique et sa dépendance à la drogue n’y est pas étrangère.
Au début des années 80, Reed fait le ménage dans sa vie et délaisse la drogue. Il profite de cette sobriété retrouvée pour s’intéresser à des sujets plus sérieux et son album retour, « The Blue Mask », en fait la preuve. Avec l’album « New York », Reed lance une salve colérique à l’endroit des problèmes qui minent sa ville et dénonce la criminalité, le prix des appartements, Jesse Jackson et même le Pape Jean-Paul II et le chancelier allemand de l’époque, Kurt Waldheim.
Après le décès à la suite d’une chirurgie de routine du producteur de Velver Underground, l’artiste Andy Warhol, Reed collabore pour la première fois en 25 ans avec John Cale sur « Songs for Drella », une biographie minimaliste du célèbre peintre. Rempli d’affection et très personnel, Reed touche quand il aborde le sujet des erreurs médicales et la tentative d’assassinat de Valerie Solanas sur Warhol en 1968.
Reed continue d’explorer des thèmes sombres sur « Magic and Loss ». En 2001, il est victime d’un canular alors que l’on prétend qu’il est décédé d’une surdose d’héroïne. En 2003, il propose l’album double « The Raven » qui est basé sur l’œuvre du romancier britannique Edgar Allan Poe.
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