Née en 1934 dans la petite ville de Butcher Hollow au Kentucky, Loretta Lynn est la fille d’un mineur de charbon. Alors qu’elle est toute jeune, elle chante d’abord à l’église et dans des concerts locaux. En janvier 1948, elle se marie avec Oliver « Mooney » Lynn, elle n’avait que 13 ans à l’époque. Le couple déménage ensuite à Custer, dans l’état de Washington, où ils ont quatre enfants.
Après une dizaine d’années passées comme femme au foyer, Lynn commence à se produire dans des bars locaux et est appuyée par un groupe qui est mené par son frère, Jay Lee Webb. Il lui faut attendre dix ans avant de se faire remarquer par une compagnie de disques. En 1959, elle s’entend avec Zero Records qui lance un premier simple, « I’m a Honky Tonk Girl », qui paraît en 1960. La chanson devient un hit grâce à la promotion indépendante inlassable de Lynn et de son mari. Le couple se promène d’une radio à l’autre en incitant les animateurs à faire tourner la chanson tout en distribuant des milliers d’exemplaires de la pièce aux radios américaines. Ces efforts finissent par rapporter et le simple atteint le 14e rang du palmarès en plus d’attirer l’attention des Wilburn Brothers. Ceux-ci lui offrent à Lynn d’assurer leur première partie en 1960 et lui suggèrent de s’installer à Nashville. C’est exactement ce qu’elle fait et peu de temps après son déménagement, elle décroche une entente avec Decca Records.
Son premier simple chez Decca intitulé « Success » est lancé en 1962 et entre au numéro six sur le palmarès. Il s’agit du début d’une longue série de simples qui atteindront le Top 10, une séquence qui s’échelonnera jusqu’à la fin de la décennie et tout au long des années 70. Elle se consacre au honky tonk au cours de la première moitié des années 60, s’éloignant rarement du genre. Bien qu’elle fraie encore dans le honky tonk au cours de la seconde partie de la décennie, sa musique devient plus personnelle, variée et ambitieuse, particulièrement en ce qui concerne les textes. En lançant le simple « You Ain’t Woman Enough » en 1966, Lynn commence à écrire des textes à saveur féministe, ce qui est nouveau dans le monde de la musique country à l’époque. Sa position devient autobiographique et réaliste au fil des ans, elle qui s’intéresse au sort des femmes et à leur indépendance.
Entre 1966 et 1970, elle récolte treize hits dans le Top 10. En 1971, elle entreprend une relation professionnelle avec Conway Twitty. En tant que duo, Lynn et Twitty obtiennent cinq numéros un de suite entre 1971 et 1975, il s’agit de l’une des associations les plus fructueuses de l’histoire de la musique country. Pendant quatre années consécutives, entre 1972 et 1975, Lynn et Twitty sont nommés duo de l’année par la Country Music Association. En plus de ses cinq premières positions, le duo obtient sept autres succès dans le Top 10 entre 1976 et 1981.
Au milieu des années 70, Loretta Lynn lance son autobiographie intitulée « Coal Miner’s Daughter » qui devient un film en 1980. L’œuvre est encensée par la critique et Sissy Spacek, magnifique dans la peau de Lynn, remporte l’Oscar de la meilleure actrice. Toute l’attention générée par le film lui permet de devenir une figure populaire en dehors des cercles country.
Bien qu’elle demeure populaire sur scène dans les années 80, elle ne peut maintenir son emprise sur le palmarès country. Son dernier succès dans le Top 10, « I Lie », est lancé en 1982 alors que son dernier simple à faire une incursion dans le Top 40, « Heart Don’t Do This to Me », paraît en 1985. Alors que ses ventes chutent, Lynn décide de se tenir loin du studio à plusieurs reprises au cours des années 80 et 90, préférant se concentrer sur les concerts. En 1993, elle enregistre « Honky Tonk Angels » avec Tammy Wynette et Dolly Parton qui sera son seul album des années 90. Elle propose « Still Woman Enough » en 2000 et revient avec « Van Lear Rose » en 2004, un album qui est réalisé par Jack White des White Stripes.
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