Les Rita Mitsouko

Bio de
Les Rita Mitsouko

Les destins de Catherine Ringer et Fred Chichin vont se croiser au printemps 1979. Fred est engagé en tant que guitariste au sein de la troupe Le fond de l'air est rock qui joue à ce moment là « Flashes rouges », une pièce situationniste de Marc'O dont Catherine est la vedette. Ils ne se quittent plus, terminent leur discussion dans le studio de Fred. Jour après jour, ils apprennent à se connaître et fondent un groupe de rock. Ils louent un studio dans le XIXe arrondissement de Paris, avenue Jean-Jaurès, dans un fond de cour. Guitares, basses, synthés et magnétophone quatre pistes emplissent l'endroit.

Catherine et Fred forment un couple moderne, égalitaire. Si Catherine écrit les paroles, elle n'en est pas moins musicienne : en plus de composer les musiques avec Fred, elle joue du synthé, de la basse, de la trompette et d'autres instruments encore. Ainsi constitués, ils se produisent en public pour la première fois au Gibus sous le nom de Spratz sur fond de rythmiques enregistrées sur bandes, avec Catherine à l'orgue et Fred à la guitare. À un moment, Catherine et Fred envisagent de former un trio avec Jean Neplin. De ce trio mort-né resteront quelques concerts mythiques au Gibus avec Catherine à la basse, Rickky Darling et Fred aux guitares, et Hugues (le frère de Fred) à la batterie.

Le trio Ringer-Neplin-Chichin ne se séparera jamais totalement : lorsque Jean Neplin sortira son premier album solo, « Happening », on y trouvera un titre, « Resurected Humans », co-signé par Fred. À cette occasion, une vidéo est tournée sur laquelle on retrouve la présence de Fred et Catherine. Plus tard, on découvrira sur chaque album des Rita Mitsouko un titre co-signé par Jean Neplin : « Le futur No 4 », « Tonite », « Perfect Eyes », « La belle vie », « Dis-moi des mots ».

L'osmose entre Catherine et Fred est si forte qu'ils optent rapidement pour une formule en duo, les différents musiciens pressentis pour les rejoindre étant toujours trop déroutés par leur éclectisme musical. En effet, Catherine et Fred se jouent des étiquettes et apprécient des styles aussi divers que le jazz, le rock, la musique sud-américaine, la musique égyptienne, indienne… tout en étant marqué, entre autre, par David Bowie, Iggy Pop, Roxy Music et les Sparks. Le nom Rita Mitsouko a d'ailleurs été choisi dans le même état d'esprit que « Kimono My House », le second album des Sparks. Rita fait référence à la musique d'Amérique latine, et Mitsouko, qui signifie mystère en japonais, est une fragrance de Guerlain.

Perfectionniste, le duo s'enferme pour composer et vit de sa musique en jouant plusieurs soirs par semaine dans des petites salles et des restaurants avec un magnéto à bandes et une boite à rythme. On les verra dans divers clubs européens, notamment à Amsterdam et en Italie.

L'auteur de théâtre Armando Llamas écrit avec Catherine Daste « Aux limites de la mer », joué à Sartrouville en 1980, puis à Rome et Turin en 1981 par Serge Maggiano, Nicolas Allwright, Jean-Pierre Chaty, Catherine Ringer, Fred Chichin et Marcia Moretto. Catherine et Fred composent les chansons et musiques de scène pour le spectacle ; Armando écrit les paroles (Arrangements de Daniel Berlioux, Armando et Catherine). La chorégraphie est de Marcia Moretto. Mais la disparition prématurée de la danseuse argentine à l'âge de 32 ans mettra fin à cette collaboration.

Leurs premières prestations sous le nom Rita Mitsouko déroulent au Gibus du 4 au 8 novembre 1980. Dès le début, c'est un groupe hors du commun que les spectateurs découvrent. Chaque spectacle est unique et leurs costumes délirants changent tous les soirs. On les voit ensuite au Rose Bonbon, à Bobino et à l'usine Palikao.

Début 1982, les Rita Mitsouko signent chez Virgin. À cette date, ils ont déjà enregistré de nombreux titres sur leur quatre pistes. Les talents d'ingénieur du son de Fred Chichin donnent un volume impeccable à ces premiers enregistrements.

Un simple, « Minuit dansant », est enregistré et sort sous la forme d'un 45 tours et d'un maxi 45 tours. Ils sont alors catalogués minimalistes.

Mais c'est « Don’t Forget the Nite », la face B de ce maxi 45 tours, qui retient l'attention des programmateurs de radios. Il ressort en face A en décembre, sous une nouvelle pochette et un nouveau morceau en face B « Aïe (Kriptonite Miss Spleïn) », qui confirme l'originalité et la forte identité du duo.

Les Rita Mitsouko passent pour la première fois à l'Olympia le 1er Juillet 82, dans le cadre du festival Rock d'ici. En 1983, ils font une tournée en province et dans les principales villes européennes.

Début 1984, Catherine et Fred partent à Cologne dans le studio de Conny Plank pour y enregistrer leur premier album : « Rita Mitsouko ». Des titres ont déjà été enregistrés dans le studio maison parisien et seront à peine retouchés : « Jalousie », « Le futur n°4 », « La fille venue du froid » et « Marcia Baila ». Ce premier album sort en avril 1984 et reçoit des critiques favorables. Virgin pense d'abord, suivant le souhait de Catherine et Fred, sortir « Marcia Baila » en simple, mais cette idée n'ira pas plus loin que le test pressing (« Marcia Baila » en face A, et « Dans la steppe » en face B).

C'est « restez avec moi » qui est finalement choisi pour être le premier simple. On découvre à cette occasion Catherine et Fred dans des accoutrements délirants lors de la promotion de ce titre dans diverses émissions TV.

Sur les radios rock, "Jalousie » est régulièrement programmée et sera même reprise sur scène par Jean-Louis Aubert. On pourra entendre cette version dans un album de reprises, « Diversion », où se trouvera également « Don’t Forget the Nite » interprétée par Étienne Daho.

Pendant la Semaine des jeunes créateurs organisée par la revue Autrement, ils sont présentés à François Mitterrand lors d'un concert au musée des Arts Décoratifs le 2 octobre 84. S'en suivent deux concerts au Théâtre du Forum les 9 et 10 octobre, puis une tournée en province. Le groupe est alors accompagné de quatre musiciens. Fin 1984, Actuel organise un concert au Casino de Paris où ils jouent avec d'autres musiciens. Un autre concert aura lieu au Palais des Congrès.

Début 1985, « Marcia Baila » est choisi pour être le deuxième simple extrait de l'album « Rita Mitsouko ». Pour l'occasion, le titre est remixé par Dominique Blanc-Francard, mais reste inédit en France (exception faite de l'instrumental).

La vidéo est tournée par Philippe Gautier et contribue à la reconnaissance du duo en France et au delà des frontières ; elle sera même diffusée régulièrement au musée d'art moderne de New York. C'est tout le Paris créatif du mileu des années 80 qui est mis en scène dans ce petit chef-d'œuvre : les costumes sont de Jean-Paul Gaultier et de Thierry Mugler.

« Marcia Baila » se classe deuxième au Top 50 français le 30 juillet : c'est la consécration pour Catherine et Fred, qui veulent rester maîtres de leur musique, refusant à une grande marque une grosse somme d'argent pour l'utilisation du titre pour une publicité. Après de nombreux passages télévisés, ils parcourent la France lors d'une tournée des clubs. Hormis leur répertoire, les Rita reprennent le « More Money » de Prince Charles, faisant d'un titre à la base funky, un blues déjanté et puissant. Ils font la première partie des Smiths et de Kid Creole And the Coconuts. Début juin, on les retrouve au Japon où l'album et le maxi de « Marcia Baila » viennent tout juste de sortir et suscitent l'intérêt des médias locaux.

« All Tomorrow’s Party » est enregistrée au studio Garage et sort sur la compilation « Les enfants du Velvet », disque en hommage à Velvet Underground. À la fin de l'année, ils donnent quelques concerts aux USA notamment au Ritz à New York.

Début 1986, après un second séjour au Japon le duo s'enferme pour composer de nouvelles chansons. Le cinéaste Jean-Luc Godard leur propose de filmer leur séances de création. Une équipe réduite s'installe chez eux, dans le studio de l'avenue Jean-Jaurès, et les suivra également au studio Garage.

Le film « Soigne ta droite » sort le 18 novembre 1987, et il est intéressant à plus d'un titre, non seulement on y entend des versions inédites de « C’est comme ça », « Tonite », « Les histoires d’a », « Un soir un chien » (Jean-Luc Godard a pu disposer des bandes 24 pistes et a mixé à sa guise les chansons pour les besoins du film), mais également des inédits comme « Elle demande quelqu’un » (composé avec Jean Néplin) ou « Une fille à colorier » qui sera enregistré par Marie France.

Le travail de Conny Plank sur le premier album ne les ayant pas entièrement satisfait, les Rita Mitsouko recherchent un nouveau producteur : c'est le légendaire Tony Visconti (T-Rex, David Bowie) qui prendra la relève. À l'écoute d'une cassette démo des Rita, il est intrigué…Je n'aurais jamais cru rencontrer un groupe français capable de rivaliser avec les anglais ou les américains…". Et c'est ainsi que Catherine et Fred partent donc à Londres, au Good Earth, le studio de Tony Visconti.

« Andy / Un soir un chien » sort en juin. L'accroche du 45T promo annonce « les 2 faces A de Rita Mitsouko » (on peut lire au dos du 45T commercial la mention « écouter les deux côtés »). De ces deux titres, c'est finalement « Andy » qui sera plébiscité par les radios, donnant aux Rita Mitsouko leur deuxième gros succès populaire. Le clip est tourné en août par Philippe Gautier, en version française et anglaise.

Catherine et Fred choisissent désormais de se faire appeler L Rita Mitsouko, pour éviter que l'on identifie Rita Mitsouko à Catherine seulement.

« Les Rita Mitsouko présentent The No Comprendo » sort le 20 septembre 1986 en France. Il devient vite un album rock de référence (Grand Prix de l'Académie Charles Cros 1987, meilleur album aux Victoires de la Musique 1987) et va dépasser les frontières. Le morceau « Nuit d’ivresse » est la chanson du film du même nom de Josiane Balasko, qui sort à l'automne. Ce disque est une véritable mine de chansons intemporelles qui inspireront de nombreux réalisateurs de cinéma. Dix ans après, on retrouve « Tonite » sur la B.O.F. du film « Les voleurs » d'André Téchiné, qui avait déjà utilisé « Andy » dans « Ma saison préférée », « Andy » que l'on retrouve également dans « Comme elle respire » de Pierre Salvadori ; « C’est comme ça » est utilisé dans « Le cousin » d'Alain Corneau et dans « La vie est un long fleuve tranquille », « Someone to Love » dans un film d'Agnès Varda, et la liste est longue…

Les Rita n'ont jamais caché leur intérêt pour le cinéma, d'ailleurs Catherine et Fred sont de très bons comédiens - Maurice Pialat proposera à Fred de jouer Gauguin dans son « Van Gogh » - mais ils désirent privilégier leur carrière musicale.

Début novembre 1986 sort le 45T « C’est comme ça ». Le clip est tourné par Jean-Baptiste Mondino. (Clip de l'année aux Victoires de la Musique 1987). On retrouve sur la face B l'inédit « Clown de mes malheurs ».

En décembre 1986, les Rita interprètent à la TV une version délirante du classique de Charles Aznavour, « Tu t’laisses aller ».

En mars 1987, les Rita partent à New York auditionner des musiciens pour une formation live. Prince Charles fait partie de la troupe. En avril, la tournée française est présentée à guichets fermés. À Paris, Catherine et Fred inaugurent la Cigale, un ancien théâtre qui deviendra leur lieu fétiche et une scène musicale incontournable ! La demande du public est telle qu'une date est ajoutée dans un lieu plus grand, le Zénith de Paris le 26 juin. (recto et verso du ticket).

Le 11 juin, les éditions Virgin sortent une superbe brochure « Les Rita Mitsouko illustrés » dans laquelle pas moins 15 peintres, dont Samuel Ringer (le père de Catherine), Mosner, Placid, Combas, Di Rosa et Muzo illustrent les textes de leurs chansons.

Troisième simple, « Les histoires d’A » sort fin juin 87. À présent, les Rita deviennent un groupe d'album : les ventes d'albums dépassent les ventes de sinmpes.

En février 1988, le simple « Andy » est remixé par Jesse Johnson et se classe 11e sur le palmarès dance de Billboard. À cette occasion, les Rita partent aux USA pour une tournée des clubs de 15 dates en trio avec Richie Harrisson à la batterie. Les Sparks viennent les saluer en coulisses à l'occasion de leur concert au Flaming Colossus de Los Angeles. Ils sympathisent et prennent rendez-vous pour une future collaboration…

La collaboration avec Tony Visconti se poursuit. Juste avant l'enregistrement du nouvel album, Catherine enregistre un duo avec Marc Lavoine : « Qu’est-ce que t’es belle » qui produit par Tony Visconti et clippé par Jean-Baptiste Mondino. Le chanteur Boy George et Michael Hutchence du groupe INXS manifestent également leur désir d'enregistrer avec les Ritaqui s'y opposent.

Vient le temps de « Marc & Robert », le troisième album. La quasi totalité des chansons sera composée directement en studio, à part « Ailleurs » que les Rita avaient composée au début des années 80 et « Perfect Eyes » écrite par Catherine et Jean Neplin en 1982. Le titre de l'album est inspiré par deux amis musiciens des Rita, Marc Anciaux (Marco) et Robert Basarte, un ancien membre des Officiels. Marc et Robert rencontrent Dave Stewart (de Eurythmics), qui habite alors à Paris, les signe sur son étiquette Anxious. Le groupe n'a pas de nom. Leurs amis Fred et Catherine suggèrent Marc & Robert, mais ils ne sont pas emballés. Ils décident de s'appeller les Century Boys. Pour leur faire une blague, Fred et Catherine appellent leur album « Marc & Robert ».

« Marc & Robert » sort le 7 novembre 1988. Le concept de la pochette est, entre autres, un clin d'œil à « Interior Design » des Sparks (la photo est prise dans le nouveau studio maison des Rita). Sur « Mandolino City », Jean-Baptiste Mondino, le pape du vidéoclip qui est aussi photographe et musicien à ses heures, trouve le riff de guitare. Ron et Russell Mael, les frères Sparks, ont composé les titres « Singing in the Shower » et « Live in Las Vegas » et chantent également sur « Hip Kit ». Lors de leur passage à Paris en avril 88 pour leur propre promotion, les Sparks ont le plaisir d'avoir les Rita avec eux sur scène (Catherine est à la basse). « Le petit train », inspiré d'une ritournelle d'André Claveau en 1952, est une chanson à double message. Cette dualité se retrouve également sur les pochettes du 45T et du maxi 45T, la première montrant le côté sombre du titre et la deuxième son côté festif. Tout l'album est remixé par Jesse Johnson, mais seuls certains de ses mixes sont retenus : « Tongue Dance », « Singing in the Shower » et « Live in Las Vegas ». Les remixes de « Hip Kit » et du « petit train » se retrouvent sur les maxis.

Une belle rencontre, celle de Catherine et Fred avec le photographe Robert Doisneau. La photo la plus connue est celle de la pochette du premier simple, « Mandolino City », qui sort le 1er novembre 1988.

Une expérience originale est tentée conjointement par les Rita et le mensuel Actuel : une chanson, disponible uniquement sur cassette, est spécialement enregistrée pour les lecteurs : « On va danser ».

Le simple « Singing in the Shower » sort en Europe le 29 novembre 1988 puis en France le 11 janvier 1989. Ce sera le plus gros succès radiophonique de cet album. Une vidéo, pour laquelle la bande-son est légèrement modifiée, est tournée à Londres par Tim Pope.

Les Rita partent quelques jours à Moscou fin décembre à l'occasion de l'émission « Chto, Chte, Kakdia » (« Qui, où, quand ? ») du 29 décembre 1988 où ils interprètent « Andy » et « Mandolino City ». Ils en profitent pour illustrer avec le réalisateur Roland Allard quelques chansons du nouvel album. On voit le résultat dans un long-form « Panne dans la guerre froide », qu'on retrouve dans la vidéocassette « 8 clips et 2 films ».

« Tongue Dance », remixée par Mark Moore et William Orbit, est le nouveau simple qui sort dans toute l'Europe au printemps 89 ; la France devra attendre une année avant de pouvoir se procurer ce single en maxi et CDmaxi.

L'été, Catherine et Fred partent en Inde, à Bombay, pour filmer la vidéo du prochain simple, « Le petit train », réalisée par Jean Achache d'après un scénario de Catherine. En découle également un second long-form, « La vie du rail », qui figure aussi sur la cassette « 8 clips et 2 films ». À la différence de « Panne dans la guerre froide » qui ne comprenait que des extraits de « Marc & Robert », c'est un véritable kaléidoscope de la carrière des Rita puisque chaque album y est représenté par une ou deux chansons.

Début 1990, Catherine et Fred reçoivent le Bus d’Acier de la décennie et fêtent cet événement au Bus Palladium.

Catherine et Fred sont heureux de posséder maintenant un nouveau studio maison 24 pistes.

Fred passe des heures à chercher des nouveaux sons et se métamorphose en Fat Freddy, pseudo qu'il choisit pour le crédit des chansons qu'il remixe. Vient donc l'idée d'un album de remixes destiné aux DJ : le « Re », pour lequel il remixe « Le petit train », « Nuit d’ivresse », « Andy » ainsi que « Jalousie » (avec Dee Nasty). Tony Visconti remixe « Marci Baila » et « Don’t Forget the Nite », réenregistrée à l'occasion. On retrouve également sur le « Re » les maxis de « C’est comme ça », « Andy » (« Bassapella » par Jesse Johnson) ainsi que des remixes de William Orbit de « Singing in the Shower », « Tongue Dance » et « Hip Kit ».

Le « Re » sort à la mi-octobre 90. Une vidéo de Hiroyuki Nakano accompagne le 1er simple, « Hip Kit ».

Pour l'occasion, les Rita s'installent à la Cigale le 4 décembre 1990. Un mois de concerts est prévu, mais vu le succès rencontré, ils jouent jusqu'à fin janvier 1991. Le concept est novateur : La scène représente un studio d'enregistrement et le son est excellent. L'ingénieur du son fait les réglages sur la scène même.

C'est l'occasion de découvrir des nouveaux morceaux, dont trois restent à ce jour inédits : « Délit de sale gueule » (chanson-ovni inclassable, avec une rythmique géante…), « Do Ze Do » (du funky brut), « Mental Ghetto » (deep funk, influencé par le Jesse Johnson de Shockadelica » et « Les amants ». Après avoir entendu cette dernière chanson, Leos Carax demande aux Rita d'écrire la musique de son prochain film « Les amants du Pont Neuf ». Au final, seule une version démo des « Amants » sera retenue. La version définitive apparaît dans « Système D » et sort même en simple à l'été 1994.

Pour leur nouvel album, Catherine et Fred déménagent leur studio parisien dans une grande maison marocaine située à Essaouira (anciennement Mogador). Tony Visconti est présent pour la prise de son. Il ne produira pas l'album car Catherine et Fred souhaitent lui donner une sonorité différente.

De retour à Paris, Carmen Rizzo, un américain trouvé à New York, mixera l'album.

« Système D » sort le 16 novembre 1993.

« Godfather of Soul » est une chanson connue des fans, puisqu'on pouvait l'entendre à la fin du film de Josianne Balasko « Ma vie est un enfer » dans une version démo. Par ailleurs, toute la musique de ce film a été composée par Catherine et Fred. « La steppe » est une nouvelle version de « Dans la steppe » face B de « Restez avec moi ». « L’hôtel particulier » est une chanson de Serge Gainsbourg. On la retrouve en version longue sur le maxi CD de « Femmes d’affaires ». « My Love Is Bad » est un duo avec Iggy Pop.

« Y’a d’la haine », le premier extrait, devient très vite un classique. Il est brillamment remixé par William Orbit. Le clip de Sébastien Chanterel sera couronné par MTV Europe clip de l’année 1994.

« Les amants » est choisi pour être le deuxième simple ; le clip est réalisé par Jean-Baptiste Mondino.

Une tournée en banlieue parisienne précède quatre dates à l'Olympia et un Palais des Sports. Puis c'est la tournée en province et à l'étranger, qui les amènera, entre autres, en Allemagne, Espagne, Pologne, Hongrie, Slovaquie…

Catherine et Fred participent à de nombreuses émissions de télévision, qui sont prétextes à des duos et jams avec IAM, Khaled, FFF (Zorro), Césaria Evora (Saudade)…

À la même époque, Xavier Coton fait une exposition qui rassemble de superbes portraits de Catherine & Fred.

Le Festival Halou (printemps en japonais) à Tokyo leur permet de rencontrer l'accordéoniste Coba, avec lequel ils enregistrent « Peut-être ce soir », sorti au japon en 1995 sur l'album « Roots ». Les Rita entament une seconde tournée française à l'été 1995.

À l'automne sortie de la très attendue vidéocassette « 8 clips et 2 films ».

La même année, Catherine Ringer est l'invitée de l'accordéoniste Richard Galliano lors d'un concert à la Cité de la Musique à Paris. Catherine y interprète des chansons de Charles Trenet, Mick Jagger ou Léo Ferré. Elle a également interprété à d'autres occasions certaines chansons du répertoire d'Édith Piaf, comme « Mon Dieu », « Padam Padam » ou « L’accordéoniste ».

La tournée qui accompagne « Système D » finira en 1996.

Une proposition de M6 en octobre 1996 donne le prétexte aux Rita de sortir un premier album live : « Acoustiques ».

Mis en boîte une nuit d'octobre à l'Opus café, ce projet rassemble les plus grands succès des Rita en version acoustique, ainsi que des titres moins connus… C'est aussi l'occasion de duos, comme « Ailleurs (avec Princesse Erika), ou une adaptation d'un succès d'Ivan Rébroff « Riche » (avec Doc Gynéco), sans oublier les deux inédits : « La taille du bambou » et « Les consonnes ».

L'album « Acoustiques » sort le 27 octobre 1996, le jour même de la diffusion du concert sur M6. Disque d'or dès sa sortie, « Acoustiques » est un grand succès. C'est "'525

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