Sortie: 14 novembre 2011
Dès les premières secondes de Que du Vent, on comprend que les Cowboys Fringants sont habités d'un souffle nouveau, beaucoup plus tangible qu'un vulgaire courant d'air. L'album s'ouvre avec Télé, une espèce de disco-funky-rock qu'on aurait très bien pu retrouver sur Le Dôme de Jean Leloup. La voix de Karl Tremblay semble plus posée, le violon de Marie-Annick Lépine sautille joyeusement et les choeurs pétillent comme du champagne. Vient ensuite Paris-Montréal, qui, avec ses « Oh ! Oooooooooh » à reprendre en choeur, nous ramène au son plus traditionnel des Cowboys. Si on a vaguement l'impression d'avoir déjà entendu cette chanson, elle bénéficie toutefois d'une réalisation plus punchée que celle qu'on retrouve sur leurs albums précédents. Parlant de précédents, il est bon de souligner que ce disque est le huitième de la carrière des Cowboys et que, finalement, il s'inscrit dans la continuité des autres. Au fil du temps, le groupe s'est forgé un son et une identité propres, à mi-chemin entre la franche déconnade et l'engagement. À leur meilleur, ils arrivent à combien les deux comme sur Party, qui s'en prend aux adorateurs de pick-ups et autres quatre roues ; ou Hasbeen (On est des), réflexion sur le métier de musicien, bourrée d'autodérision. Parmi les moments forts, mentionnons aussi Shooters, grande fresque sociale façon Shefferville de Michel Rivard. Au final, on se dit qu'il ne s'agit pas d'un disque révolutionnaire, mais les Cowboys continuent d'avancer, avec le regard bien droit et un swing dans le pied.
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