Il y a le hip hop commercial américain et puis il y a le hip hop de K-OS, macédoine sonore inclassable qui s’appuie majoritairement sur des instruments plutôt que les traditionnels échantillons. « Emcee » est un heureux assemblage de cordes et de guitare classique et flamenco qui surprend et séduit. Il peut aussi faire dans le reggae et le dub comme le prouve « Crucial ». Il effectue ensuite un virage vers un tendance plus énergique sur « Man I Used to Be » qui rappelle les moments plus relax d’OutKast. On pourrait croire que le MC torontois manque de direction, mais le tout demeure parfaitement cohérent. Il se permet même « Crabbuckit » qui rappelle étrangement une version jazzée de « Hit the Road Jack » à laquelle on aurait greffé une contrebasse, du piano et un trompette. Quant à « B-Boy Stance », il s’agit d’une allusion claire aux premières armes des Beastie Boys. « Love Song » se perd dans des sonorités indiennes alors que « Hallelujah » fait honneur à son titre sur un ton nettement cérémonial. Il s’agit en bout de ligne d’une recherche musicale poussée et fascinante qui affiche néanmoins une simplicité désarmante. Le tout est rehaussé par une production irréprochable et un K-OS qui chante beaucoup plus qu’il ne rappe. On ajoute à tout ce beau mélange un sincère impression de positivisme et on a sous la main un album qui nous réconcilie avec le hip hop et tout ce qu’il devrait être. On tombe sous le charme.
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