En plein cœur de la vague grunge du milieu des années 90, quatre amis d’enfance forment un groupe qui finira par avoir un impact sur le rock du prochain millénaire. Jimmy Eat World voit le jour en 1994 par l’entremise des amis de maternelle Jim Adkins (chant et guitare), Zach Lind (batterie), Tom Linton (guitare et chant) et Mitch Porter (basse). Le groupe tire son nom des frères cadets de Linton, Ed et Jimmy. Les deux frères se disputent un jour et Ed décide de s’en remettre au dessin pour évacuer sa frustration. On y voit Jimmy, son aîné, qui mange le monde avec « Jimmy Eat World » inscrit en dessous. Le groupe y voit un match parfait.
Le groupe commence à s’amuser avec des sonorités punk assez lourdes et se produit lors de petits concerts dans sa ville natale de Mesa, en Arizona. En perpétuel développement, Jimmy Eat World puise son inspiration chez Rockets From the Crypt, Def Leppard, Jesus and Mary Chain, Fugazi et The Velvet Underground.
Au cours de 1994 et 1995, le groupe lance plusieurs EPs et simples sur l’étiquette locale Wooden Blue Records. Des éditions limitées de « One, Two, Three, Four » et « Back From the Dead Mother Fucker » de même que des EPs partagés avec Christie Fron Drive, Emery et Blueprint deviennent introuvables. Le groupe parvient à se bâtir un auditoire et attire l’attention de Capitol Records avec qui il s’entend au milieu de 1995. Porter quitte ensuite le groupe et c’est le meilleur ami de Linton, Rick Burch, qui vient en relève à la basse. Le premier album de Jimmy Eat World, « Static Prevails », est lancé à la fin de 1995.
En 1998, le groupe se fait apposer l’étiquette emo en raison de la puissance étonamment sensible de son second effort, « Clarity ». Il s’agit d’un disque rock très basique et pas tout à fait emo alors que l’écriture d’Adkins est à son meilleur. Le premier simple, « Lucky Denver Mint », remporte un vif succès sur les ondes collégiales américaines en plus de se trouver une niche sur la bande originale du film « Never Been Kissed » qui met en vedette Drew Barrymore. Il s’agit d’une belle occasion pour Jimmy Eat World de toucher un plus vaste public. Le nombre de fans ne fait qu’augmenter, mais la relation avec Capitol commence à se détériorer. Le groupe enregistre néanmoins un troisième album en 1999, mais l’étiquette décide de ne pas le lancer. Jimmy Eat World choisit donc de claquer la porte, ce qui fait l’affaire de Capitol.
La formation n’en reste toutefois pas là et partage des albums avec Sense Field et Jebediah. Le rock puissant de Jimmy Eat World commence à faire des vagues outre-mer alors que « Clarity » obtient un certain succès au palmarès allemand en 2000. La même année, le groupe finance et fait la promotion d’une toute première tournée européenne. « Singles » est lancé sur Big Wheel Recreation au cours de la même année.
Ce voyage permet au groupe de redéfinir sa musique. Le groupe décide donc d'enregistrer son album suivant de façon indépendante en compagnie de Mark Trombino (réalisateur avec blink-182 et Midtown, notamment) qui avait signé la réalisation de « Clarity ». DreamWorks décide de prendre une chance et offre un contrat à Jimmy Eat World. « Bleed American » est lancé au début de l’été 2001 et est perçu par plusieurs comme le disque le plus achevé et le plus accompli de la formation. L’album deviendra éponyme après les attaques terroristes du 11 septembre 2001. La pièce titre obtient un succès modéré, mais c’est le second extrait, la très accrocheuse « The Middle », qui permet à Jimmy Eat World de faire son apparition sur les palmarès pop/rock. Soudainement, le groupe se retrouve à VH-1 et MTV en plus de partir en tournée avec Weezer et Tenacious D. Le troisième simple, « Sweetness », est lancé au cours de l’été 2002 et permet au groupe de consolider sa position de leader et de dépasser le cap du million d’albums vendus.
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