Née en Gaspésie de parents restaurateurs « qui aimaient écouter Gilles Vigneault et Félix Leclerc », Isabelle Boulay attribue à ses origines et sa région natale beaucoup de ce qu’elle est encore aujourd’hui. « Là d’où je viens, la nature est très forte. Quand la mer se lève, il n’y a rien pour calmer son ardeur », di la chanteuse, qui avoue du même souffle n’avoir jamais été capable de se contenter de « sentiments sans essence ».
Avec les études en lettres qu’elle fera à Québec à la fin des années 80, Isabelle entretient aussi un goût précoce pour les mots et les auteurs marquants. Elle connaît d’ailleurs ses premiers succès au Festival de la chanson de Petite-Vallée en 1990 et à celui de Granby en 1991 (où elle remporte le prix de la meilleure interprète) avec Amsterdam de Jacques Brel et Naufrage de Dan Bigras et Gilbert Langevin. Ce jour-là, une voix forte comme la mer se lève. Et son périple ne connaîtra pas beaucoup d’accalmie.
Comme le destin de la plupart des artistes, celui d’Isabelle Boulay est jalonné de rencontres importantes. Celle qu’elle fait avec Luc Plamondon en 1995 est certainement à mettre dans cette catégorie. Le parolier, convaincu qu’il a devant lui une grande interprète, lui offre sans hésiter le rôle de Marie-Jeanne dans Starmania, personnage mythique qu’elle endossera pendant plus de 350 représentations et qui la fera connaître au Québec et en Europe. Parallèlement à cette aventure, en 1996, Isabelle Boulay prête sa voix au personnage d’Alys Robi dans une série télévisée et lance son premier album à titre d’interprète, Fallait pas, dont les textes et les musiques sons signés Daniel Deshaimes. Le disque s’écoule à 45 000 exemplaires. La chanteuse connaît aussi son premier grand succès en carrière avec la chanson Et mon cœur en prend plein la gueule.
Deux ans plus tard, en 1998, Isabelle réunit plusieurs auteurs-compositeurs important, dont Zachary Richard, Zazie, France D’Amour et Roger Tabra pour un disque étoffé intitulé États d’amour. La critique lui réserve alors un accueil dithyrambique : « L’album États d’amour est rien de moins qu’exceptionnel à tous les égards », écrit Sylvain Cormier dans Le Devoir. Le disque connaît aussi un succès commercial considérable au Québec (240 000 exemplaires vendus) et en Europe (225 000 exemplaires). Isabelle reçoit d’ailleurs, pour la première fois l’année suivante, le Félix de l’interprète féminine de l’année.
La suite des choses montre bien l’ouverture d’Isabelle Boulay. Alors que sa gloire individuelle s’affirme, elle propose un disque intitulé Scènes d’amour, une formule étonnante, un album entièrement composé de duos avec des chanteurs qu’elle aime et admire, enregistrés lors de deux concerts aux FrancoFolies de Montréal à l’été 1999. Serge Lama, Michel Rivard, Éric Lapointe, Laurence Jalbert, Jim Corcoran, Dan Bigras et Claude Léveillée participent ainsi à cette aventure sous le signe de la communion. Leur effort sera couronné par le Félix de l’album populaire de l’année au gala de l’Adisq en 1999.Toujours présente en Europe, où on la qualifie désormais de « nouvelle énergie de la chanson francophone », Isabelle assure la première partie des spectacles de Francis Cabrel pendant 35 soirs à l’automne 1999, puis celle du spectacle de Serge Lama à l’Olympia de Paris en mars 2000. En mai de la même année, Isabelle apparaît sur l’immense scène du Zénith aux côtés de Patrick Bruel, qui deviendra lui aussi, un complice important de son aventure d’interprète.
Aux côtés de Zachary Richard, Louise Forestier, Jean Fauque, Richard Cocciante et Daniel Seff, Patrick Bruel se retrouve d’ailleurs parmi les nombreux collaborateurs présents sur Mieux qu’ici-bas, le quatrième album qu’isabelle Boulay lance en carrière et qu’elle offre au public en août 2000. Ce sera le disque de tous les triomphes. Un millions d’exemplaires vendus, une série de concerts en solo à l’Olympia, une tournée de 150 spectacles au Québec et en Europe, des concerts au Zénith et au Palais des congrès de Paris, deux Victoires de la musique (Découverte de l’année et album découverte de l’année) et les Félix du meilleur album de l’année et du meilleur spectacle interprète de l’année.
Un tourbillon enivrant qui se poursuit jusqu’en 2002, où Isabelle conclut ce cycle impressionnant avec le lancement d’un album compilation intitulé Ses plus belles histoires et la présentation de deux concerts en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal à la Place des arts les 4 et 5 avril. Un disque intitulé Au moment d’être à vous sera tiré de ces spectacles et il fracassera des records de vente en France, dans la catégorie des albums enregistrés en concert.
Après ce parcours sans faute, cette épopée au sommet de la gloire, Isabelle éprouve le besoin de retrouver ce qu’elle appelle « la vie ordinaire » et décide de marquer une pause, une parenthèse en dehors de la vie publique, qui s’étirera jusqu’au début de 2003 et qui lui permettra, de son propre aveu, de retrouver ses racines, de consolider ses bases et de réfléchir à l’avenir.
Or cet avenir s’affiche aujourd’hui radieux avec la sortie de Tout un jour, un album qu’Isabelle voulait plus « lumineux que sombre » et qui paraît en 2004.
Au terme d’une nouvelle tournée couronnée de triomphe et en octobre 2005, elle reçoit le Félix de l’Artiste québécoise s’étant le plus illustrée hors-Québec. Par la suite, la chanteuse prend une pause pour être d’attaque face à son projet, un disque country. Il s’agit pour elle d’une rêve qu’elle caresse depuis longtemps et qu’elle peut enfin réaliser. Elle s’entoure du réalisateur Rick Haworth de même que d’artistes de renom, dont Michel Rivard, Zachary Richard, Éloi Painchaud et Jorane. De retour à la source est lancé au printemps 2007 et se retrouve immédiatement au sommet du palmarès québécois.
Source : Site officiel
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