Iggy Pop

Bio de
Iggy Pop

Ce n’est pas sans raison que d’aucun considère Iggy Pop comme le grand-père de la musique punk puisque tous les groupes, que ce soit du passé ou à notre époque, ont, un jour ou l’autre que ce soit de façon délibérée ou non, emprunté quelque chose à Iggy Pop ou son légendaire groupe the Stooges.

Né le 21 avril 1957 à Muskegon dans le Michigan, James Newell Osterberg est élevé par ses parents dans un parc de maisons mobiles dans la ville d’Ypsilanti, en banlieue d’Ann Arbor, une banlieue de Detroit. Intrigué par le rock ‘n’ roll (et autres sons non musicaux comme le rasoir électrique de son père et l’usine d’assemblage de voitures de son voisinage), Osterberg commence à jouer de la batterie et fonde son premier groupe, the Iguanas, au début des années 60.

C’est par l’entremise des Rolling Stones qu’il découvre ensuite le blues, ce qui le pousse à fonder un groupe dans la même veine nommé the Prime Movers alors qu’il vient à peine d’obtenir son diplôme de l’école secondaire, en 1965. Après avoir délaissé l’Université du Michigan, il décide de mettre le cap sur Chicago afin de jouer de la batterie aux côtés de divers bluesmen.

Son véritable amour demeure toutefois le rock et peu de temps après être rentré à Ann Arbor, Osterberg décide de fonder un nouveau groupe et de délaisser les tambours pour être chanteur. Il tente de dénicher des musiciens qui partagent sa vision qui consiste à créer un groupe pour qui la musique est primordiale et qui peut à la fois être sexuellement aguichante et agressive. En 1967, il prend contact avec un ami du secondaire, le guitariste Ron Asheton qui entraîne avec lui son frère Scott qui est batteur de même que le bassiste Dave Alexander. C’est ainsi que the Psychedelic Stooges voient le jour. Bien qu’ils mettent un moment à définir leur sonorité, les Stooges expérimentent avec des instruments inusités comme des barils d’huile, des aspirateurs et autres objets avant de retourner à leurs instruments habituels.

Commençant à se forger une réputation sur la scène musicale de Detroit, le groupe raccourcit son nom pour ne devenir que the Stooges alors qu’Osterberg décide d’adopter le nom de scène Iggy Pop. Avec ce changement, c’est comme si Pop se réinvente et se transforme en véritable bête de scène, habité par une force surnaturelle qui le pousse à se jeter dans la foule et à interagir avec les fans. Il est si intense qu’il termine chacun de ses concerts avec des coupures et des éraflures.

Les prestations énergiques du groupe lui valent un contrat avec Elektra, en 1968 et un premier album éponyme suit l’année suivante, de même qu’un second effort intitulé « Funhouse » en 1970. Bien que les deux disques se vendent très peu à leur sortie, les deux deviennent des classiques de la musique rock et peuvent être désignés comme étant le point de départ de l’histoire du punk rock.

The Stooges perd son contrat d’enregistrement en 1971 en raison du manque d’intérêt du public et des problèmes de drogue éprouvés par plusieurs membres de la formation. C’est le début de la fin pour the Stooges qui se séparent plus tard au cours de l’année. Cependant, un grand fan du groupe, David Bowie, retrace Iggy Pop et convainc le chanteur qui est désormais sobre de relancer sa carrière. Pop recrute le guitariste James Williamson et le duo signe une entente avec la compagnie de gérance Mainman de Bowie pour ensuite s’établir en Angleterre et éventuellement renouer avec les frères Asheton.

The Stooges sont de retour et signent une entente avec Columbia pour ensuite proposer un troisième classique avec « Raw Power ». Le plan de Pop est de créer un disque qui soit si révolutionnaire qu’il sera douloureux de l’écouter. Bien que le résultat ne soit pas aussi extrême, the Stooges passent bien près sans, malheureusement, connaître le commercial escompté. Au tournant de 1974, les membres des Stooges ont à nouveau sombré dans leurs mauvaises habitudes et décident de se séparer une seconde fois, mais pour de bon cette fois-ci. Après avoir été sans-abri pendant un moment dans les rues d’Hollywood, période au cours de laquelle in tente sans succès de fonder un groupe avec l’ancien claviériste des Doors Ray Manzarek, Pop décide de se présenter dans un hôpital psychiatrique. Pendant son séjour à l’institution, Pop tente d’écrire et d’enregistrer de nouvelles chansons avec Wiliamson, mais devant le manque d’intérêt des compagnies de disques, le duo décide d’abandonner le projet.

Toujours hospitalisé, Pop reçoit la visite d’un autre vieil ami : David Bowie. Celui-ci lui offre de partir en tournée avec lui au cours de la tournée Station to Station. Ils s’entendent si bien qu’ils déménagent tous les deux à Berlin à la fin de 1976 et Bowie entreprend d’aider Pop à obtenir un contrat de disques pour un nouveau projet en solo avec Virgin. Bowie s’intéresse alors au rock électronique européen produit par des formations comme Kraftwerk et Can. Il avoue plus tard s’être littéralement servi de Pop comme d’un cobaye musical sur des albums comme « The Idiot » et « Lust for Life », tous deux sortis en 1977 et produits et co-écrits par Bowie. Les deux disques remportent plus de succès que ceux des Stooges, particulièrement en Grande-Bretagne où Pop est perçu comme une icône dans la culture punk qui émerge alors. Il reçoit un autre coup de main de son ami Bowie alors qu’il part en tournée avec lui pour jouer des claviers. Peu de temps après, l’album live « T.V. Eye Live » est lancé. Par la suite, Pop décide de rompre les liens avec Bowie pour voler de ses propres ailes.

Il change alors d’étiquette et s’entend avec Arista pour ensuite retrouver son vieux complice James Williamson sur l’album « New Values » qui est lancé en 1979, un disque qui déclenche une rafale d’albums (« Soldier » en 1980, « Party » en 1981 et « Zombie Birdhouse » en 1982) tous aussi confus les uns que les autres alors que Pop tente de se réinventer au goût du jour, le New Wave. En 1982, il lance également une autobiographie intitulée « I Need More », une œuvre fascinante sur les nombreux excès qui ont ponctué de ses débuts jusqu’à ce moment dans sa carrière. Pop recommence à flirter avec ses démons. Il décide de quitter les projecteurs pour remettre de l’ordre dans sa vie. Au cours de ce départ volontaire, son complice Bowie obtient un succès monstre avec la reprise de « China Girl » qu’ils interprétaient ensemble.

Iggy Pop ne refait surface qu’en 1986 alors qu’il signe un contrat avec A&M, étiquette sur laquelle il lance l’album « Blah Blah Blah » qui est réalisé par Bowie. On y retrouve son premier simple à succès aux États-Unis avec la pièce « Real Wild Child ». En 1998, il tente sa chance avec le hard rock et le heavy metal sur l’album « Instinct » sur lequel il partage la vedette avec l’ancien guitariste des Sex Pistols, Steve Jones. Ce n’est toutefois qu’en 1990 avec « Brick by Brick » que Pop retrouve sa notoriété d’antan. Il décroche même un premier disque d’or aux USA, de même qu’un simple dans le Top 20 avec « Candy », un étonnant duo en compagnie de Kate Pierson des B-52’s.

Tout comme au milieu des années 70 alors que les nouveaux visages du punk s’inspirent de lui, l’histoire se répète dans les années 90 alors que plusieurs admirateurs des Stooges émergent, c’est le cas notamment de Nirvana, Mudhoney et Soundgarden. À la même époque, de nombreux artistes comme Slayer, Duran Duran Guns N’ Roses, R.E.M. et Tom Jones reprennent des pièces des Stooges alors que de son côté, Pop lance l’album « American Ceasar » en 1993.

En 1996, Pop tente, avec l’album « Naughty Little Doggie », de recréer la sonorité et l’approche des Stooges, mais ne remporte pas autant de succès qu’avec ses parutions précédentes. Ça ne l’empêche de connaître un autre succès alors que la pièce « Lust for Life », vieille de 20 ans, est reprise dans le film « Trainspotting ». Tout au long des années 90, il tente aussi sa chance au cinéma. On peut notamment le voir dans les films « Cry Baby », « Dead Man » et « The Crow II : City of Angels ». Il tient également un rôle récurrent dans la série télévisée « The Adventures of Pete & Pete ». Bien qu’il ne soit pas directement impliqué dans le projet, on peut facilement reconnaître Pop dans la peau du personnage Curt Wild interprété par Ewan McGregor dans le film « Velvet Goldmine », une œuvre produite par David Bowie qui s’inspire de sa relation avec Pop dans les années 70.

Entendant régulièrement de jeunes groupes citer the Stooges parmi leurs influences majeures, Pop commence à s’Intéresser à l’œuvre du groupe, à la fin des années 90. En 1997, il remixe une version remasterisée de « Raw Power » après la découverte des bandes originales qui étaient portées disparues depuis de nombreuses années. Il peut ainsi refondre le disque selon sa vision originale. Le livre « Kill Me : The Oral History of Punk » qui s’intéresse aux Stooges et à Iggy Pop paraît à la même époque. L’année 1999 est fort occupée pour Pop qui fait l’objet d’une émission « Behind the Music » de la chaîne musicale VH-1. De plus, il lance l’album « Avenue B. », un disque plus relax qui n’est qu’un détour puisqu’il revient à son approche énergique avec « Beat ‘Em Up » en 2001.

Après avoir abandonné l’idée d’un retour des Stooges à la fin des années 90, Iggy Pop tient finalement promesse alors que le légendaire groupe se reforme en 2003 quand il réunit les frères Ron et Scott Asheton afin de coécrire quatre pièces sur son album « Skull Ring » qui paraît en 2003. La nouvelle mouture des Stooges prend ensuite la route avec Mike Watt à la basse pour remplacer le regretté Dave Alexander. Malgré de nombreux hauts et bas au cours de sa carrière, Iggy Pop a ni plus ni moins que créé un nouveau genre de musique et demeure, encore à ce jour, l’un des meilleurs rockeurs et une grande source d’inspiration pour ses pairs.

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