Il aura fallu quatre ans pour que Green Day propose un nouvel album et le groupe de Berkeley a décidé de faire les choses en grand en prenant un pari audacieux. Billie Joe et sa bande nous livrent un opéra punk-rock. Ce qui aurait pu être racoleur et catastrophique se situe plutôt à l’opposé. Green Day y va de son effort le plus travaillé et recherché en 15 ans de carrière. Sur une douzaine de pièces, le groupe nous fait découvrir les aventures de ses trois protagonistes, Jesus of Suburbia, St. Jimmy et Whatsername. L’album goûte la critique sociale de l’Amérique sous George W. Bush comme le clame la pièce titre ou encore l’excellente « Holliday ». « American Idiot » s’étire sur près d’une heure en incluant deux pièces de plus de neuf minutes développées en cinq mouvements (des collages de chansons à vrai dire), fait rare dans l’univers punk. Si « Jesus of Suburbia » propose des changements de rythme et des détours étonnants (un passage ressemble à s’y méprendre à la mélodie de « Summer of ‘69 » de Bryan Adams), « Homecoming » est probablement la pièce la moins réussies du lot avec un fond de Queen, The Who et même, pendant quelques instants, un arrière-goût à la « Grease » qui laisse songeur. Trop c’est comme pas assez et pourtant, la pièce est loin d’être si mauvaise que ça. En bout de ligne, Green Day remporte son pari et offre un disque solide qui se laisse apprivoiser au fil des écoutes grâce à un heureux mélange de punk-rock à trois accords, de ballades plus sensibles et d’une touche de maturité qui marque un tournant dans l’histoire de la formation. Et que dire de la réalisation béton…
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