Sortie: 18 mai 2010
Crystal Castles, c'est la tache d'encre noire qui ne veut pas disparaître sur votre t-shirt blanc, c'est la saleté incrustée sous vos ongles, c'est Ti-Brin de Passe-Partout. Après le retentissant succès de son premier album éponyme lancé il y a à peine deux ans, l'infatigable duo torontois effectue un retour en force avec un deuxième effort lui aussi éponyme. Attention, ça va fesser!
Fainting Spells est parfaite en guise d'introduction avec sa structure un peu déconstruite. Celestica, un transcendant titre disco atmosphérique, met en valeur d'élégante façon toute la douceur vocale d'Anne Glass. Ça se gâche le temps d'un court instant avec Doe Deer, un morceau noisy à la limite du supportable qui, même s'il définit aussi le son de Crystal Castles, jure avec le reste. Ce sera, Dieu merci, le seul désagréable moment des 53 minutes de ce disque. Baptism représente à elle seule ce dans quoi excelle Crystal Castles: la voix enragée d'Anne Glass mélangée à une mélodie violente bidouillée par Ethan Kath devient une chanson qui contamine carrément l'auditeur. L'hypnotisante Year of Silence flirte avec ce qui s'est fait de meilleur à l'époque où l'on ne jurait que par l'electroclash. Si Giorgio Moroder était encore actif dans le monde de la musique aujourd'hui, Intimate est certainement le genre de titre qu'il pourrait produire. Empathy est efficace avec ses beats à la Peaches, Vietnam ressemble beaucoup à Untrust Us (du premier album) alors que Pap Smear est un peu la soeurette de l'inoubliable Crimewave qui figure elle aussi sur le disque précédant.
Bien que ce deuxième album éponyme soit beaucoup plus monochrome que son prédécesseur, il est loin, très loin d'être monotone. Au contraire; la musique du jeune duo est probablement ce qui se fait de meilleur ou, du moins, de plus original au Canada en ce moment. À écouter absolument.
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