2011-17-11
Après l'étonnant succès de son premier album, tout empreint de la naïveté et des drames de l'adolescence, Béatrice Martin reprend le collier en regardant non pas vers l'avenir, mais le passé. Pas le sien, bien sûr (qu'aurait-elle pu faire ? revisiter son enfance ?), mais celui de la musique pop, celle des années 60, en particulier. On retrouve donc sur Blonde l'esprit des girl groups américains (Shirelles, Ronettes, etc.) et des lolitas yé-yé françaises comme France Gall, Sylvie Vartan, voire Françoise Hardy. Ce retour en arrière lui permet de s'offrir de luxuriants arrangements (avec la présence d'un quatuor à cordes, notamment) et d'étoffer la formule piano voix qui a fait sa renommée. On trouve ici des chansons beaucoup mieux écrites (voir la très jolie Place de la République, dont la ligne de piano rappelle The Great Escape, de Patrick Watson) qui témoignent de l'évolution de la jeune femme. Bien sûr, il est encore presque exclusivement question de garçons, ceux qui s'en vont en laissant le coeur de notre flibustière en miettes, mais qui lui inspirent toujours de jolies chansons. Mais il n'y a pas que de la nostalgie musicale et des coeurs brisés sur ce disque. On y retrouve aussi quelques traces de l'aventure Armistice (voir Loin d'ici, pièce vaguement country en duo avec Sam Roberts) et quelques flashes de modernité (les cris d'enfants qu'on entend sur Golden Baby rappellent The Go ! Team) et même une pointe de rock, qui nous prouvent que Coeur de Pirate n'était pas qu'un feu de paille.
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