Bad News Brown
 
Bad News Brown

Bio de
Bad News Brown

Bad News Brown (1977-2011)

Bad News Brown est né le 8 mai 1977. Ce rappeur-harmoniciste montréalais a été assassiné dans la nuit du 11 au 12 février 2011, on l'a retrouvé dans un secteur industriel aux abords du Canal Lachine. Les motifs de son assassinat sont toujours inconnus à ce jour.

Born 2 Sin est son seul album en carrière, paru en juin 2009.

Bad News Brown, de son vrai nom Paul Frappier, est un réel pionnier. Il harmonise beats et rythmes hip-hop à son instrument, l'harmonica. Ce mélange aurait pu sembler incongru, mais au final ne l'est pas du tout. À ce jour, Bad News Brown compte déjà un grand nombre de fans à travers l'Amérique du Nord grâce aux multiples événements auxquels il a participé depuis ses débuts.

Son art, il l'a apprivoisé et en est devenu maître durant la dernière décennie. C'est ce qu'il nous montre avec Born 2 Sin, où l'on perçoit l'étendue de son talent et apprécie ses habiletés savamment peaufinées. Son approche éclectique et son goût pour différents genres musicaux font que son travail devient très difficile à catégoriser, mais le principal intéressé qualifie ce qu'il fait d'«harmonica hip-hop» ou de «triptronic electronic melodic harmonics». «Ça a un son de drum, de basse; un son electro mais aussi hip-hop. Surtout, c'est marqué par la tonalité de l'harmonica», nous prévient-il.

Les notes qui sortent de son instrument sont à la fois mélodieuses et harmonieuses, laissant place à un mélange fluide qui fait de Born 2 Sin un album présentant un son authentique et novateur. La pièce Intelligence est du hip-hop classique marié à d'autres beats et à du scratch, cela pourrait même se rapprocher d'un son cinématographique. She's on It possède quant à elle une ambiance tout à fait irrésistible, sexy et relax. La pièce-titre résulte d'une fusion de hip-hop et de soul, ce qui la rend encore plus contagieuse que la grippe A (H1N1). La chanson à saveur trip-hop Too Deep aurait pu, pour sa part, être une des plus grandes fiertés du groupe Massive Attack, dont le style se rapproche. La très classe Melody qu'on retrouvait en début d'album est reprise dans un contexte house, ce qui montre bien comment les chansons de BNB peuvent être apprêtées différemment.

Les pièces qui forment Born 2 Sin ont été enregistrées dans le studio de Bad News Brown, à Lachine, où il a été aidé dans sa tâche de producteur par Haig V et Primal. «Haig est le producteur principal de l'album puisqu'il a orchestré six titres. Il est aussi un ami de longue date. Jusqu'à présent, il a travaillé entre autres avec Bran Van 3000 et Muzion. J'écoutais ce qu'il faisait à l'époque et j'allais le voir en studio. J'ai utilisé plusieurs de ses morceaux instrumentaux sur le disque. J'ai fouillé dans ses archives, retenu quelques trucs que j'aimais, puis je suis parti chez moi pour les travailler. Je les lui ai ensuite fait écouter et on les a fignolés ensemble, Haig et moi», explique-t-il. C'est sans aucun doute une collaboration qui a porté ses fruits. Les divers (et toujours intéressants) beats de Haig complémentent les mix de Bad News Brown, qu'on reconnaît déjà pour son rap impeccable, ses tonalités soul et ses aptitudes de joueur d'harmonica.

S'il s'agit de son premier album, Bad News Brown est toutefois bien loin d'être un novice. Né en Haïti, il déménage à Montréal à un très jeune âge pour s'installer dans sa famille adoptive. Il quitte le domicile qui l'a accueilli durant son adolescence et se rend alors compte qu'il peut gagner sa vie en poussant quelques notes dans les rues et les stations de métro de la ville. Lorsqu'il voit qu'aucun joueur d'harmonica spécialisé dans le blues et le jazz n'a pignon sur rue, il décide d'allier son talent de musicien à son amour pour le hip-hop.

«L'harmonica a toujours été présente dans le blues, le jazz et le funk, mais je me suis assuré de me dissocier de cette musique. Je fais partie du mouvement hip-hop et je suis un ancien rappeur. Quand j'ai commencé à rapper et à créer des chansons, j'ai inséré l'harmonica là où on retrouve normalement les refrains. J'ai toujours évolué dans le monde du rap.»

Bad News Brown s'est d'abord bâti une réputation sur la scène montréalaise en tant que jeune rappeur excellant dans le freestyle. «On m'appelait Chameleon dans le temps, parce que j'étais vraiment polyvalent! se rappelle-t-il. Je pouvais faire du gangsta rap, du conscious rap, n'importe quoi! Au bout d'un moment, j'ai arrêté de me fondre dans tous les genres, puisque les gens savaient qui j'étais. J'étais le gars qui sautait sur scène et qui s'emparait du micro.»

Un soir, le légendaire rappeur montréalais Misery lui suggéra un nouveau nom de scène, Bad News Brown. Drôlement, BNB utilisait ce nom lorsqu'il était plus jeune et qu'il faisait quelques prises de lutte à son grand frère. Le Bad News Browns original était un lutteur renommé et invaincu de la WWF. En tant que Bad News Brown, l'ancien caméléon remonta sur scène lors d'un spectacle de Misery. «J'avais donné un freestyle féroce, une harmonica à la main. Après que j'eus joué quelques notes, la foule était en délire. C'était une de mes premières apparitions avec un harmonica. Le Montreal Mirror avait même publié un article. C'est là que j'avais réalisé que j'étais mieux d'apprendre à jouer correctement le plus rapidement possible.»

Bad News Brown s'est alors mis à remporter concours et open-mic battles, avant d'amener son talent dans la rue. «Ç'a été la chose la plus intelligente que j'ai fait dans la vie, dit-il. Ça m'a permis de payer mes factures, d'ouvrir mon propre studio, et en l'espace de deux ans, environ 50% de la ville me connaissait. Je gagnais ma vie en me produisant et en faisant connaître mon travail!»

Toujours impeccable, bien habillé et souriant, le très divertissant Bad News Brown n'a pas tardé à faire sa marque. Le Montreal Mirror l'avait même nommé l'un des meilleurs busker (musicien ambulant) de la ville. BNB recevait aussi une forte demande de la part des restaurants et des clubs où l'on réclamait ses performances. Une rencontre fortuite avec une icône du hip-hop, Nas, a amené la carrière de BNB à un autre niveau. Les deux artistes se sont rencontrés, avant le show que la vedette américaine offrait à Montréal, et Bad News Brown a alors été invité à monter sur scène à ses côtés pour jouer de l'harmonica sur le succès Bridging the Gap.

Bad News Brown offrit une performance époustouflante et reçut l'invitation des Ice-T, De La Soul et Cypress Hill de ce monde, qui souhaitait pouvoir compter sur la présence du Montréalais dans leur spectacle. BNB eut également l'honneur d'assurer la première partie des spectacles de Ludacris, Snoop Dogg, N.E.R.D., Gym Class Heroes et plusieurs autres. Grâce à son contact avec Nas, BNB eut la chance de se produire à l'un des plus importants et somptueux bat mitzvah aux États-Unis, où il partagea la scène avec Aerosmith, The Eagles et 50 Cent. Après son passage à cet événement, Bad News Browns a parcouru les États-Unis. C'était tout un accomplissement pour un artiste indépendant qui n'avait toujours pas d'album à son actif.

En 2005, BNB a mis sur pied sa propre maison de production, Trilateral Entertainment. La même année, le simple Feeling Me On est apparu sur la compilation Hip Hop Rai 2, produite par Universal Music et vendue à plus de 50 000 exemplaires en Europe.

Avec la sortie de Born 2 Sin, la carrière de Bad News Brown est sur le point de prendre un autre tournant. «Je suis connu comme étant l'artiste hip-hop qui fait des ravages avec son harmonica. Je suis également le premier à sortir un album dominé par l'harmonica», précise le prodige.

C'est un début dément pour un artiste sur le point de défrayer les manchettes avec son premier album en solo.

Source: Style Communications

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